Après les Etats-Unis, la Chine et quelques Etats européens (Pologne, Royaume-Uni notamment), le Brésil se lance dans l’exploitation du gaz de schiste. L’Agence nationale du pétrole (ANP) a attribué jeudi 72 concessions à travers le pays, pour un montant de 165 millions de reais (environ 52 millions d'euros).

La plupart de ces concessions - 49-  ont été attribuées à la compagnie nationale, Petrobras. Seulement quatre des compagnies étrangères qui étaient sur les rangs se sont vu concéder des blocs : la française GDF Suez, la colombienne Petrominerales, la panaméenne Trayectoria Oil y Gas et Geopark, des îles Bermudes. Total, également candidat, n’a pas été retenu, mais un deuxième tour d’enchères est prévu, l’ANP prévoyant d’attribuer au total 240 « blocs ».

Selon la dirigeante de l'ANP, Magda Chambriand, il faut « semer la culture » de l'exploitation de gaz naturel au Brésil. Le pays abriterait les dixièmes réserves mondiales de gaz de schiste mais dispose aussi d’énormes réserves pétrolières auxquelles il a donné jusqu’ici la priorité.

Ces enchères ont suscité une polémique sur l'exploitation des gaz de schiste, dont l'extraction par fracturation hydraulique comporte de nombreux risques de pollution des nappes phréatiques en raison de l'usage de produits chimiques, en plus d'être très consommatrice d'eau. La fracturation hydraulique « suscite une énorme polémique dans tous les pays, en raison de ses énormes impacts environnementaux, raison pour laquelle certains pays comme la France l'ont interdite. Aux Etats-Unis, où cette technique est employée, le nombre de plaintes pour pollution des eaux augmente », a ainsi rappelé l'Institut socio-environnemental brésilien.

De son côté GDF Suez étend sa présence sur ce marché. Après le rachat de licences d’exploration au Royaume-Uni, fin octobre, le groupe affirmait « évaluer activement un certain nombre d’opportunités» en Europe et dans d’autres régions du monde.

Vers 11h25, le titre reste quasiment stable sur un marché parisien en hausse de 0,1%