Empêché de forer en France à cause de l’interdiction de la fracturation hydraulique, Total lorgne sur le gaz de schiste britannique. Le groupe français a annoncé lundi une prise d’intérêt de 40% dans deux permis d’exploration et de production dans la région des East Midlands, dans le centre de l’Angleterre. « L’entrée dans un projet de gaz de schiste au Royaume-Uni est une étape importante pour Total E&P UK et ouvre un nouveau chapitre de l’histoire de la filiale. Le Groupe a déjà des intérêts dans des projets de gaz de schiste aux USA, en Argentine, en Chine, en Australie, et en Europe en Pologne et au Danemark. Nous allons utiliser au Royaume-Uni l’expertise acquise dans ces pays », souligne le groupe dans un communiqué.

Total se félicite d’être « la première major à prendre des permis de gaz de schiste au Royaume-Uni » où les réserves seraient très importantes d’après l’institut géologique britannique. Pour l’heure, cette affirmation n’a pas pu être vérifiée, le gouvernement britannique n’ayant levé que l’année dernière son moratoire sur l’exploitation du gaz de schiste. Les conditions d’exploitation sont d'ailleurs encore incertaines: « La phase initiale d’exploration sera opérée par Island Gas (l’un des participants au consortium, ndlr) Total devenant ensuite opérateur du projet pour la phase d’appréciation et le développement », précise Total.

Total est présent au Royaume-Uni depuis 1962 et est actuellement l’un des principaux opérateurs pétroliers et gaziers du pays avec une production de 105 000 barils équivalents pétrole par jour en 2013. Plus de 90 % de la production provient de champs opérés situés en mer dans deux zones : la zone d’Alwyn en mer du Nord septentrionale et la zone d’Elgin/Franklin dans le Central Graben. Avec ce nouveau projet dans le gaz de schiste et des investissements estimés à 2 milliards de dollars par an ces prochaines années, le groupe espère devenir le plus gros producteur d’hydrocarbures au Royaume-Uni en 2015.