Auditionné mardi par la commission d’enquête parlementaire sur les coûts du nucléaire, le président du directoire d’Areva Luc Oursel a évoqué les discussions en cours entre Alstom et General Electric. Celles-ci intéressent le spécialiste français du nucléaire pour au moins deux raisons. D’une part Alstom est un fournisseur clé d'Areva en matière de turbines nucléaires. La plupart des réacteurs de dernière génération (EPR) actuellement en construction ou en projet sont équipés de composants Alstom. Dans le cas où ce dernier vendrait sa branche Energie (nucléaire, thermique, hydraulique,etc) à General Electric, « il est absolument essentiel que nous ayions la possibilité de continuer à travailler avec cette turbine qui est particulièrement appréciée de nos clients », a souligné le patron d’Areva. Cette préoccupation, qui fait écho aux inquiétudes exprimées par le gouvernement, pourrait inciter General Electric à prendre un certain nombre d’engagements concernant l’industrie nucléaire française.

D’autre part, Luc Oursel a confirmé qu’il examinerait un rachat des activités éoliennes d’Alstom si ces dernières étaient à vendre. General Electric a déjà indiqué qu’il chercherait d’autres investisseurs pour cette activité, qu’il ne juge pas prioritaire. « Si des opportunités apparaissaient dans le futur, bien entendu, compte tenu de l'ambition d'Areva dans le domaine des énergies renouvelables, nous serions prêts à examiner les possibilités liées à cette opération d'ensemble », a déclaré M. Oursel.

Areva et Alstom font partie de consortiums ayant remporté des appels d'offres pour des parcs d'éoliennes sur les côtes françaises. Même s’ils ont développé chacun leurs propres éoliennes, ils pourraient s’allier face au numéro européen du secteur, l’allemand Siemens. Or ce dernier est en concurrence avec General Electric pour le rachat du pôle Energie d’Alstom. Il pourrait déposer une contre-offre cette semaine.