C’est une nouvelle douche froide pour les actionnaires d’Areva. Le fabricant de centrales nucléaires a suspendu mercredi ses perspectives financières pour les deux prochaines années, alors que les retards sur ses chantiers et une faible demande pèsent sur sa situation financière. « Areva entame une révision de ses perspectives stratégiques et de son plan de financement à moyen terme (…) Des perspectives financières pour la période 2015 à 2017 seront présentées d’ici à la publication des résultats de l’exercice 2014 », indique le groupe dans un communiqué.

Son partenaire EDF a de son côté annoncé un report de la mise en service de l’EPR de Flamanville, qui n’aura pas lieu en 2016 comme prévu mais en 2017. « Cette révision du planning résulte des difficultés rencontrées par Areva sur les livraisons d’équipements » et par « la mise en place de la réglementation des équipements sous pression nucléaires » précise EDF dans un communiqué.

Vers 10h50, le titre Areva dévisse de 17% à la bourse de Paris tandis qu’EDF cède 0,7%.

Les difficultés d’Areva ne concernent pas que la France. En Finlande, le groupe fait également face à d’importants retards sur le marché de l’EPR d’Olkiluoto, qui ont dégradé ses relations avec l’opérateur TVO. Le groupe déplore « l’impossibilité à ce jour d’adapter le rythme des paiements avec le client » qui aura des conséquences sur le cash flow libre opérationnel en 2015 et au-delà. Areva évoque par ailleurs une « révision des hypothèses de calendrier de lancement de nouvelles constructions de réacteurs » dans le monde ainsi que « l’atonie persistante du marché des services à la base installée, y compris en France ».

Pour l'année en cours le groupe table sur une baisse organique de ses ventes de 10%, avec probablement une lourde perte à la clé (celle-ci s’est élevée à 694 millions au premier semestre). Le rebond initialement prévu en 2015 semble compromis.