En plein débat budgétaire, un nouveau casse-tête financier se profile pour le gouvernement. Le groupe public Areva a annoncé mercredi qu’il suspendait ses objectifs pour les deux prochaines années, en raison de coûteux retards sur ses chantiers EPR et d’une conjoncture défavorable pour ses activités.

L’année 2014 pourrait se solder par une perte de près d’un milliard pour le groupe nucléaire qui fera un point sur ses perspectives dans les prochaines semaines. Déjà, les analystes évoquent une recapitalisation. L'Etat « prendra toutes ses responsabilités » concernant Areva, a déclaré à Reuters mercredi Emmanuel Macron. « Notre volonté, c'est la consolidation de l'entreprise et sa continuité », a-t-il ajouté. Interrogé sur la nécessite d’une recapitalisation, il a répondu : « C'est trop tôt. Nous regardons avec vigilance les chiffres mais il n'y a pas d'inquiétude, d'angoisse à avoir sur l'activité industrielle d'Areva, sur le fait que c'est une activité pérenne et pour nous une des priorités ».

D’après le magazine Challenges, l’Etat pourrait injecter 2 milliards d’euros dans l’entreprise publique et serait prêt à vendre pour cela des participations dans d’autres entreprises de la filière nucléaire. Il pourrait également passer par EDF, qui détient 2% du capital d’Areva et pourrait participer à une recapitalisation. S’ouvrirait alors à nouveau le débat sur le rapprochement d’EDF et Areva qui, bien qu’ils coopèrent sur de nombreux projets, ont parfois du mal à défendre leurs intérêts communs sur les marchés internationaux. Le gouvernement a déjà commencé à remettre de l’ordre dans cette relation compliquée en nommant deux nouveaux patrons, Jean-Bernard Lévy à la tête d’EDF (en remplacement d’Henri Proglio) et Philippe Varin chez Areva (en remplacement de Luc Oursel qui a démissionné pour raisons de santé). Mais avant de songer à un rapprochement il faut stopper l'hémorragie chez Areva. 

Sur les marchés le titre cède 0,8% jeudi au lendemain d'une chute de 15%. EDF limite la casse, avec un recul de 0,7% contre 1,1% pour le CAC 40