Technip a confirmé jeudi avoir approché la semaine dernière son compatriote CGG« en vue de créer un acteur mondial de premier rang dans les services parapétroliers ». Il propose 8,3 euros en cash par action ce qui valorise l'entreprise à 1,5 milliard d’euros. CGG a officiellement rejeté la proposition jeudi, estimant que les « conditions ne sont pas réunies » pour donner suite.

Mercredi l’agence Bloomberg affirmait que CGG jugeait cette offre trop basse mais poursuivait des négociations avec Technip. Le titre, qui a cédé plus de 40% depuis le début de l’année, bondit de 22% jeudi après-midi alors que les analystes se montrent plutôt sceptiques sur un éventuel rapprochement.

« Nous ne percevons pas de logique forte dans cette opération, avec peu de synergies entre les deux entreprises, qui évoluent dans des métiers différents », indique Goldman Sachs dans un commentaire adressé à ses clients. Dans son communiqué Technip précise qu'il souhaite intégrer les activités de réservoir et de traitement de données, ainsi que d'équipements sismiques de CGG, afin de décliner « une proposition de valeur unique pour l'industrie, en matière de technologie, ingénierie, équipements et gestion de projets, et ce, du réservoir jusqu'à l'ensemble du système de production ». En revanche il ne souhaite pas reprendre la flotte de bateaux et d’avions de CGG.

CGG est lourdement endetté (2,6 milliards de dollars à fin septembre) et a affiché une perte de 116 millions de dollars au troisième trimestre, autant d’éléments qui n’en font pas la proie idéale, affirme de son côté le cabinet Canaccord Genuity. L’opération ne serait relutive sur les bénéfices de Technip qu’à partir de 2017, selon lui. Dans un contexte de baisse des prix du pétrole et alors que les investissements des compagnies pétrolières reculent eux aussi, une telle opération semble risquée. La réaction du marché est elle aussi franchement négative, Technip perdant plus de 6% jeudi après-midi sur un CAC 40 en baisse de 1,1%.