Réunie à Vienne pour tenter d’enrayer la baisse des cours du baril, l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) a décidé de maintenir son niveau de production pour les prochains mois, malgré les appels de certains de ses membres à réduire l’offre face à une demande en berne.

Cette décision a immédiatement fait chuter le baril à son plus bas niveau depuis quatre ans. Le baril de WTI américain s’échange à 71 dollar jeudi après-midi contre plus de 73 dollars mercredi. En Europe le Brent cède 4,4% à 74 dollars.

Les conséquences de ce statu quo étaient pourtant connues. Mi-novembre, l’Agence internationale de l’énergie avait prévenu qu’en l’absence d’événement majeur entraînant une rupture d’approvisionnement, « la pression baissière sur les prix pourrait s'accentuer au cours du premier semestre de 2015 ». L’offre de pétrole, aujourd’hui excédentaire, sera encore plus abondante l’année prochaine. Le développement économique ne stimule plus autant qu'avant la croissance de la demande de pétrole, notamment en Chine qui est entrée dans un stade de développement moins gourmand en pétrole, explique l'AIE.

Un plancher pour le baril de 60 dollars ? 

La seule façon de faire remonter le cours pétrole réside donc dans une réduction de la production de l’Opep qui représente un tiers de la production mondiale. Mais les membres de l’organisation sont en désaccord sur ce point. Si certains pays comme l’Iran ou le Venezuela plaident pour une baisse des quotas, les pays du Golfe dont l’Arabie Saoudite, principal producteur au monde, mènent une stratégie différente. Leur objectif est de contrer la montée en puissance des gaz et pétrole de schiste américains, dont l’exploitation reste plus coûteuse que le pétrole conventionnel, en faisant baisser les prix sur les marchés mondiaux.

Cette guerre des prix a déjà fait chuter le baril de 30% depuis le mois de juin. Elle n’est pas terminée. « L’Arabie Saoudite a réussi à faire passer l’idée que les prix du pétrole doivent encore baisser à court terme, jusqu’à un plancher de 60 dollars le baril, avant de remonter et de se stabiliser au-dessus de 80 dollars », estime Olivier Jakob, consultant de la société Petromatrix, cité par l’agence Reuters. La prochaine réunion de l’Opep est prévue au mois de juin 2015.