A qui le tour ? Après la cession de 1,9% d’Orange et de 49,9% de l’aéroport de Toulouse, l’Etat actionnaire entend continuer la « gestion active de ses participations », autrement dit la vente d’actions ou de parts d’entreprises à des fins de désendettement. Le ministre de l’économie Emmanuel Macron a ainsi indiqué qu’il comptait vendre un total de 5 à 10 milliards d’euros d’actifs au cours des 18 prochains mois.

Les secteurs de l’énergie et de la défense sont en première ligne, rappelle lundi l’agence Reuters, en particulier les entreprises EDF et GDF Suez, dont l’Etat détient respectivement 84,5% et 33,6%. « Mais une combinaison de facteurs industriels et politiques rend plus probable une nouvelle vente d'actions GDF Suez, certains analystes évoquant jusqu'à 10% du capital qui vaudraient autour de cinq milliards d'euros » précise l’agence.

Le gouvernement avait déjà cédé, en juin, 3,1% de GDF Suez. La plus grande internationalisation du groupe franco-belge et le fait qu’il n’exploite pas de centrale nucléaire en France rend le dossier moins sensible que celui d’EDF. Par ailleurs, la généralisation des droits de vote doubles prévue par la loi Florange (mars 2014) offre à l’Etat un levier pour diminuer sa participation tout en conservant un contrôle effectif sur GDF Suez.

Le projet de loi pour la croissance et l’activité, présenté mercredi dernier en conseil des ministres, apporte cette précision qui confirme son intention de vendre des titres GDF Suez : « Pour tenir compte de la possibilité d’acquérir des droits de votes doubles, la loi du 29 mars 2014 visant à reconquérir l’économie réelle a autorisé l’État à diminuer provisoirement sa participation dans GDF-Suez en dessous du seuil du tiers des droits de vote. Ces dispositions seront complétées pour être pleinement applicables.»

Lundi le titre GDF Suez a cédé 3,5% sur un marché en repli de 2,5% tandis qu’EDF reculait de 5,2%.