C’est un vaste chantier auquel s’attaque le ministre de l’économie. Rapprocher EDF et Areva, deux groupes qui, en dépit de liens industriels étroits au sein de la filière nucléaire française, n’ont pas toujours fait cause commune sur les marchés étrangers.

Areva vient de publier une perte colossale de 4,8 milliards d’euros en 2014 après 500 millions d’euros en 2013. Le groupe explique ce résultat par le report d’un certain nombre de chantiers entraînant des « survaleurs » dans certaines de ses activités ainsi que par les coût aditionnels de ses chantiers en cours, dont celui de l’EPR finlandais.

« Areva paie aussi le prix d'années de manque de transparence et de mauvaises relations avec EDF », tranche Emmanuel Macron dans un entretien au Figaro. Le ministre plaide donc pour une « réorganisation profonde, une refonte, du partenariat historique de ces deux groupes ». Cela pourrait aller « jusqu'à un rapprochement, y compris capitalistique. Je pense en particulier à toute l'activité réacteurs, de l'ingénierie à la maintenance », ajoute-t-il.

Les dirigeants des deux groupes doivent lui faire des propositions en ce sens dans les prochaines semaines. En attendant Areva va devoir faire profil bas. « Areva va se recentrer sur son cœur de métier, la maîtrise des procédés nucléaires clés pour le fonctionnement du parc mondial. Ce recentrage stratégique conduira à la révision de certaines ambitions, que ce soit dans la conduite des projets de nouveaux réacteurs ou dans les énergies renouvelables », indique le groupe dans un communiqué. Le groupe veut cependant renforcer sa présence en Chine, le marché le plus prometteur aujourd’hui en matière de nucléaire. Il annonce par ailleurs un plan d’économies d’un milliard d’euros sur trois ans et une réorganisation de ses activités d’ingénierie.

Vers 11h30 le titre Areva gagne 0,4% tandis que celui d'EDF chute de 3% à la Bourse de de Paris.