Le plan de réduction des frais de personnel annoncé jeudi par Areva se traduira par la suppression de 5000 à 6000 postes dans le monde, dont 3000 à 4000 en France, a fait savoir le DRH du groupe, François Nogué, jeudi. Les frais de personnel du spécialiste du nucléaire atteignent aujourd'hui 3,5 milliards à 4 milliards d'euros, un niveau intenable par rapport aux 8 milliards de chiffre d'affaires du groupe, a-t-il précisé.

« Areva vise une réduction de ses frais de personnel de l’ordre de 15% en France et de 18% au total au niveau mondial. L’atteinte de cet objectif reposera sur différents leviers : l’emploi, la rémunération, l’organisation de la production et du temps de travail. L’impact précis en termes d’emploi fera l’objet de discussions avec les organisations syndicales et dépendra des économies obtenues sur chacun des autres leviers », a par ailleurs indiqué le groupe dans un communiqué.

Pour mémoire, Areva a essuyé une perte de près de 5 milliards d’euros en 2014, due à des dépréciations d’actifs, aux surcoûts de ses chantiers EPR et à un marché mondial moins porteur que prévu. Le groupe, qui vise un milliard d’euros d’économies d’ici 2017, avait déjà annoncé une baisse des ses investissements ainsi que la suppression de 1500 postes en Allemagne. Les syndicats redoutaient un plan similaire en France, où le groupe emploie environ 27 000 salariés. Le chiffre annoncé ce jeudi – jusqu’à 4000 emplois supprimés – est supérieur à leurs estimations.

Si la direction affirme vouloir éviter tout départ contraint, cela semble difficile au vu de l’ampleur des mesures annoncées. Les discussions qui doivent se tenir en mai-juin s’annoncent tendues. « Areva doit engager sans attendre son plan de compétitivité. Quelles que soient les options qui seront retenues pour décliner la feuille de route stratégique et définir le plan de financement, il est urgent de prendre les mesures indispensables pour adapter les coûts de nos activités à la réalité de leurs marchés », a déclaré jeudi Philippe Knoche, Directeur général d’Areva. « L'effort sera plus important pour les fonctions support, corporate et siège » (c'est à dire des postes administratifs et autres fonctions centrales), afin de préserver les compétences du groupe dans les activités nucléaires », a précisé François Nogué.

Vers midi, le titre cède 2,9% sur un marché parisien en baisse de 1,5%.