Plus rien ne s’oppose au mariage entre le suisse Holcim et le français Lafarge, les deux premiers cimentiers mondiaux. Les actionnaires du groupe suisse ont approuvé vendredi 8 mai l’augmentation de capital qui doit donner naissance à un groupe de 130 000 salariés, présent dans une centaine de pays et réalisant un chiffre d’affaires d’environ 35 milliards d’euros. Ce vote était le dernier obstacle réglementaire au projet de fusion dévoilé il y a plus d’un an. Lafarge et Holcim ont obtenu toutes les autorisations des autorités de la concurrence, après avoir cédé pour 6,5 milliards d’euros d’actifs à l’Irlandais CRH. Le projet a bien failli capoter au début de l’année lorsqu’Holcim a exigé une renégociation des termes de l’accord. Sous la pression des actionnaires du groupe suisse, Lafarge a dû abandonner l’idée d’une fusion entre égaux et c’est bien Holcim qui va avaler le Français.

Le groupe suisse lancera début juin une offre publique d’é change (OPE) à raison de 9 actions Holcim pour 10 actions Lafarge. Les actionnaires auront environ un mois pour apporter leurs titres à cette offre qui doit être bouclée début juillet. Jusqu’à présent ce rachat n’a pas suscité l’enthousiasme des investisseurs. Et pour cause : il ne comporte aucune prime pour les actionnaires de Lafarge et le titre a fait du surplace depuis l’annonce de la fusion il y a un an.

En outre, conséquence de la relocation du siège du groupe en Suisse, le titre ne sera plus éligible au PEA, ce qui peut avoir des conséquences financières importantes pour les actionnaires individuels. Ainsi les titres Lafarge apportés à l’OPE seront automatiquement sortis du PEA et les titres Holcim acquis en échange (côtés à Zurich et à Paris) devront figurer sur un compte-titre ordinaire. Toutefois cette opération n’entraînera ni la clôture ni la remise en cause des avantages fiscaux du PEA, à condition que le détenteur du plan effectue un versement en numéraire équivalent à la valeur des titres reçus en échange. Les actionnaires qui ne souhaitent pas ouvrir de compte titres ni verser de l’argent sur leur PEA devront vendre leurs titres, avant ou pendant la période d’OPE. Un casse-tête auquel les actionnaires individuels, qui détiennent 12% du capital de Lafarge, doivent réfléchir, car la fusion est sur les rails et rien ne semble pouvoir l’empêcher.