Après une première tentative avortée en octobre en raison de conditions de marchés difficiles, SPIE a relancé lundi son introduction en bourse, la plus grosse depuis le début de l’année sur le marché parisien. Le groupe spécialisé dans les services multi-techniques aux entreprises (génie électrique, mécanique, systèmes de communication…) espère lever environ 700 millions d’euros à l’occasion de cette première cotation prévue le 10 juin sur Euronext Paris (compartiment A).

L’offre de souscription a démarré aujourd’hui avec une fourchette de prix de 14,50 à 17,50 euros, valorisant la société autour de 2,4 milliards d’euros. Avec 38.000 employés repartis dans 35 pays, Spie est le premier groupe indépendant de services techniques en Europe, face aux filiales des géants de l'énergie ou du BTP qui proposent également ce type de services. Le groupe a réalisé en 2014 un chiffre d'affaires de 5,22 milliards d'euros et un Ebitda de 334 millions.

Les fonds levés lors de cette IPO serviront à « réduire l’endettement » et à « soutenir sa stratégie de développement et de croissance ». Le groupe a bâti sa croissance sur de nombreuses acquisitions, avec 90 opérations depuis 2006 pour 150 à 200 millions d'euros par an en moyenne. Il a lui-même fait l’objet de deux LBO (leverage buy-out) en 2006 puis 2011 dont il garde une dette importante (1,4 milliard d’euros à fin juin 2014). Celle-ci a été en partie refinancée en janvier 2015.

La société met en avant ses performances opérationnelles. Depuis 2006 elle a connu une croissance de 9% par an en moyenne et une progression de ses marges de 20%. « Le succès de notre modèle économique repose sur l’alliance de revenus récurrents et d’une forte présence locale : tirés largement de contrats de service de maintenance sur une base de clients très étendue, nos revenus offrent une bonne visibilité, conjuguée à un maillage local dense permettant au Groupe SPIE de fournir à ses clients des services personnalisés » indique Gauthier Louette, son PDG. Le groupe table sur la poursuite de cette croissance par acquisitions. Il s’est notamment dit attentif aux actifs qu'Areva pourrait mettre en vente dans le cadre de sa restructuration. Il entend également distribuer un dividende correspondant à environ 40 % de son résultat net consolidé au titre de 2015.