Alors qu’en avril dernier, Technip assurait encore que son carnet de commandes était important et qu’il n’envisageait pas de réduire ses effectifs, l’heure n’est plus du tout à l’optimisme chez le spécialiste français de l’ingénierie pétrolière. « Technip anticipe la dégradation de l’environnement du marché pétrolier et gazier. Le groupe annonce ce jour l’accélération de ses efforts, partout dans le monde, en termes d’efficacité et de réduction de coûts au travers d’un plan de restructuration en réponse à cet environnement », indique-t-il dans un communiqué.

Le groupe compte supprimer 6 000 emplois dans le monde afin de réaliser 830 millions d’euros d’économies, dont 700 millions dès 2016. Il entend se repositionner sur ses «zones géographiques et ses technologies clefs» et va notamment «réduire sa présence sur certains marchés où des activités ont peu de chance de se concrétiser même à moyen terme», comme au Brésil.

Ces mesures concerneront surtout la division onshore/offshore, particulièrement à la peine au premier trimestre, mais également la division subsea dont certains marchés sont sous pression.« Les nouveaux projets continuent d’être décalés alors que les clients (les compagnies pétrolières et gazières, ndlr) revoient leurs priorités d’investissements dans un contexte de prix du pétrole durablement changé ; dans certains cas, on peut constater des comportements irrationnels lors des appels d’offres sur de nouveaux projets ; les négociations s’enlisent ou s’arrêtent sur les projets, en particulier dans le segment Onshore/Offshore. Ces tendances ont persisté, et se sont même dégradées dans certains cas, au cours des deux derniers mois », explique Technip.

Ces mesures d’économie entraîneront une charge exceptionnelle de 650 millions d’euros dans les comptes semestriels. Technip a par ailleurs revu à la baisse son objectif de résultat opérationnel courant ajusté dans la branche onshore/offshore sur l’ensemble de l’année. Il vise désormais une fourchette allant de 210 à 230 millions d’euros (hors charge exceptionnelle) contre une précédente estimation située à environ 250 millions d’euros.

Les réactions des analystes sont contrastées. Société Générale estime que le bénéfice par action pourrait être négatif en 2015 et passe d’un conseil Acheter à Vendre. En revanche Morgan Stanley maintient sa recommandation Surpondérer, compte tenu des effets potentiellement positifs de ces mesures et de la visibilité du carnet de commandes. La baisse du titre ce mardi (-8,7% vers 15h30) constitue selon le courtier une opportunité d’achat.