Une fois de plus, la géopolitique vient bouleverser le marché pétrolier. L'Iran et les grandes puissances ont conclu mardi à Vienne un accord qualifié d’historique qui prévoit une limitation du programme nucléaire iranien et une levée progressive des sanctions économiques à l’encontre du pays. Cet accord pourrait signer le retour de l'Iran dans le commerce mondial, et notamment sur le marché de l’or noir.

Passé du rang de deuxième producteur de l’Opep en 2012 à sixième en 2014, le pays dispose d’immenses réserves. La levée progressive des sanctions à partir de 2016 devrait permettre son retour au premier plan. Selon une étude de Morgan Stanley datée de début juillet, entre 500 000 et 700 000 barils supplémentaires par jour pourraient arriver sur le marché dès l’année prochaine. Les autorités iraniennes parlent même d’un million de barils supplémentaires par jour.

Cette offre viendrait s’ajouter à une production déjà fortement excédentaire au niveau mondial. Depuis un an les pays du Golfe et les Etats-Unis se livrent une bataille qui a fait chuter les cours de 50%. Le baril de brut léger américain (WTI) s’échange désormais à 52 dollars contre 100 dollars il y a douze mois. Alors que l’Opep prévoit un rebond de la demande l’année prochaine, celui-ci ne sera pas suffisant pour équilibrer le marché. Certains analystes doutent cependant de la capacité de l’Iran à atteindre rapidement son niveau de production d’avant l’embargo. Le brut iranien ne va pas à court terme inonder le marché, assure ainsi le cabinet saoudien Jadwa Investments, cité par l’AFP. Selon eux le pays ne pourrait augmenter sa production que de 150 000 barils par jour au quatrième trimestre de cette année. C'est ce qui expliquerait la réaction mesurée du baril aux annonces faites lundi. Mais rares sont ceux qui envisagent désormais un rebond.