« Il n’y a aucune évidence sur le fait que le prix du baril ait atteint un plancher. Celui-ci pourrait descendre à 15 dollars ou 20 dollars assez facilement ». Un tel niveau n’avait pas été relevé depuis 1999.

L’avis du co-fondateur de la société Cumberland Advisors, âgé aujourd’hui de 72 ans, qui gère plus de 2 milliards d’actifs, et qui compte parmi ses clients l’ancien gouverneur du New Jersey Thomas Kean, est considéré par les opérateurs de marché, signale CNN.

Le facteur clé de l’évolution du prix du baril réside dans le déséquilibre entre l’offre et la demande de pétrole. D’un coté, la quantité de pétrole produite au Moyen-Orient à vocation à croitre étant donné le récent accord conclu avec l’Iran en liaison avec son programme nucléaire, explique David Kotok. Il est à croire que l’OPEP, menée par l’Arabie Saoudite, refusera de réduire son quota de production actuel pour laisser la place au surcroit production du pétrole iranien.

« La meilleure arme des Saoudiens contre son ennemi qu’est l’Iran est un pétrole qui soit le moins cher possible avec un maximum de volume. Le premier producteur du cartel a suffisamment de réserves pour supporter un faible cours pendant plusieurs années tandis que l’Iran a beaucoup moins de flexibilité financière et a besoin d’un prix du pétrole plus élevé pour réaliser des bénéfices », indique l’expert. L'idée sous jacente soutenue par David Kotok est que l'Arabie Saoudite se servira de son influence sur le prix du baril pour mener « une guerre pétrolière» contre l'Iran. 

Par ailleurs, la production de pétrole aux Etats-Unis est toujours très abondante. Elle a même atteint des niveaux record malgré la multiplication des fermetures des puits de forage.

D’un autre coté, le fort ralentissement observé en Chine suggère une croissance limitée de la demande.

Ainsi « les prix du pétrole ne peuvent aller que dans une seule direction », atteste David Kotok.

Le prix de 15 dollars le baril peut sembler totalement incroyable, mais certains types de pétrole sont déjà descendus à un cours proche de celui-ci. Le pétrole de l’Ouest canadien, par exemple, un pétrole plus lourd qui est donc plus difficile à raffiner se négocie actuellement autour de 20 dollars le baril.

Ceci étant, David Kotok conseille à ses investisseurs de rester très éloignés des valeurs pétrolières.

Tous les analystes ne sont pas en accord avec la prévision faite par David Kotok. Beaucoup voit le cours du baril se stabiliser autour de 60 dollars avant de remonter.