La ruée vers l’or noir sera bientôt de l’histoire ancienne selon l'Agence internationale de l’énergie. La chute de 50% des cours du pétrole depuis un an va entraîner la fermeture de nombreux sites de production dans les pays où les coûts d’extraction sont les plus élevés, marquant une victoire stratégique pour l'Opep et l'Arabie Saoudite, selon l'AIE.

« L'effondrement des prix du pétrole entraîne la fermeture des sites de production coûteux, d'Eagle Ford au Texas à la Russie en passant par la mer du Nord », observe l’agence dans un rapport publié vendredi. En conséquence, la production de pétrole hors Opep (Organisation des pays producteurs de pétrole) devrait connaître son repli le plus fort en 24 ans, avec une baisse de près de 0,5 million de barils par jour (mbj), dont 0,4 mbj pour le seul pétrole de schiste américain.

« La production américaine de pétrole devrait payer le plus lourd tribut » à la baisse des cours observée depuis un an, tandis que les pays du Golfe continuent à « pomper vigoureusement » un pétrole aux coûts de revient inférieurs. « La stratégie de l'Opep, menée par l'Arabie saoudite, de défendre ses parts de marché indépendamment du prix semble produire l'effet recherché d'écarter la production coûteuse et +inefficace+ », ajoute l’AIE.

Malgré la surabondance de pétrole sur le marché, l’Opep refuse de baisser ses quotas de production, au grand dam de certains de ses membres qui souffrent de la baisse de leurs recettes. Dans le même temps, la consommation mondiale d'or noir continue à croître, selon l'AIE, qui a relevé ses prévisions pour 2015 et 2016. L'agence basée à Paris anticipe désormais une demande de 94,4 mbj cette année, contre 94,2 mbj auparavant, et une augmentation un peu plus modérée l'an prochain, à 95,8 mbj pour 2016, contre 95,6 mbj. Quant à savoir si les prix remonteront rapidement, rien n’est mois sûr. La baisse de la production américaine pourrait être compensée par le retour en force de l'Iran dont les exportations seront dopées par la levée des sanctions occidentales.