La production et la fourniture d'électricité ont longtemps été les moteurs de la croissance d'EDF dans un environnement peu concurrentiel mais cette situation va changer avec le remplacement progressif des prix administrés par des prix de marchés, estime Morgan Stanley dans une note publiée mardi.

Les profits d'EDF vont subir de fortes pressions au cours des quatre prochaines années alors que les prix, « faibles », de l'électricité en gros, remplaceront les tarifs administrés comme vecteur principal de rentabilité, précise le bureau d’études qui conseille désormais de « sous-pondérer » le titre avec un objectif de cours abaissé à 15 euros (contre 23 précédemment).

Cette affirmation peut sembler exagérée dans la mesure où le gouvernement français n’a jamais évoqué la suppression des prix réglementés de l’électricité. Ce que Morgan Stanley redoute, c’est que ces prix ne suivent pas l’augmentation des coûts de production d’EDF, dont le parc de centrales est vieillissant et nécessite de lourds investissements. Compte tenu des dépenses importantes prévues ces prochaines années, le bénéfice par action (BPA) pourrait tomber à 1,11 euro d'ici à 2018, soit un taux de « décroissance » annuel moyen de 18% sur la période 2014-2018, calcule ainsi le broker.

Comme un écho à ces sombres prévisions, le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy a déclaré mardi lors d’un colloque qu’il ne prévoyait pas d’acquisition majeure à l’étranger, faute de moyens financiers. En raison du niveau élevé de la dette, il est difficile de trouver le bon équilibre entre investissement, dividende et dette, a-t-il ajouté.

De quoi renforcer le sentiment négatif des investisseurs après l’annonce d’un nouveau retard sur l’EPR de Flamanville début septembre. Vers 12h35 le titre recule de 4,3% sur un marché parisien en hausse de 0,7%. Il affiche une baisse de 25% depuis le 1er janvier.