C’est l’amende la plus importante infligée par la justice américaine à une seule société, en attendant celle de Volkswagen. Le pétrolier BP a accepté lundi de payer un total de 20,8 milliards de dollars d’amendes et de réparations pour la catastrophe qu’avait entraîné en 2010 l’explosion de sa plateforme pétrolière Deepwater Horizon. Celle-ci avait avait tué 11 personnes et provoqué le déversement de millions de barils de brut au large des côtes de plusieurs Etats américains pendant près de trois mois.

« Cette transaction historique est une réponse forte et adéquate au pire désastre environnemental de l'histoire américaine », a relevé lundi la ministre américaine de la Justice Loretta Lynch, lors d'une conférence de presse. « BP reçoit la punition qu'il mérite, tout en fournissant la compensation cruciale pour les dégâts qu'il a causés à l'environnement et à l'économie du golfe », a-t-elle ajouté.

L’accord, qui doit encore être validé par un juge, mettrait fin aux poursuites intentées par l'Etat fédéral américain, par cinq Etats touchés (Alabama, Floride, Louisiane, Mississippi et Texas) et par des autorités locales. Mais des actions judiciaires en nom collectif sont toujours en cours.

« Cet accord règle les différends judiciaires les plus importants perdurant après ce
tragique accident, donnant à BP de la certitude en ce qui concerne ses obligations financières », a indiqué un porte-parole du groupe. Le 2 juillet, ce dernier annoncé la conclusion d'un accord de principe au civil d'un montant de 18,7 milliards de dollars. L’écart de 2,1 milliards avec la somme annoncée lundi « ne représente pas un nouvel accord ou de l'argent supplémentaire » mais des dépenses déjà effectuées par le groupe. BP a par ailleurs déjà versé 13 milliards de dollars d’indemnisation à des particuliers et des entreprises avec le concours des autres exploitants de la plateforme (Halliburton, Transocean).

Le titre a clôturé en hausse de 3% hier avant l’annonce de cet accord.