Alors que lundi le vice-ministre du pétrole d’Arabie Saoudite a indiqué que le prix du baril n’avait pas vocation à demeurer bas durablement, l’AIE indique ce mardi matin, dans son dernier rapport sur les perspectives du marché pétrolier dans le monde, que le prix du baril devrait se progressivement stabiliser autour de 80 dollars d’ici 2020.

En particulier, la demande devrait augmenter très lentement jusqu’en 2020, en moyenne de 900 000 barils par jour, chaque année.

Si les dépenses en investissement en amont de la chaine de production pétrolière (dans l’exploration et la production) ont décliné de plus de 20% en 2015, l’AIE met cependant en garde à propos de l’ampleur des coupes à venir. « Un investissement de 630 milliards de dollars à travers le monde est requis dans le secteur pétrolier et gazier, autrement dit le montant que l’industrie a dépensé en moyenne chaque année ces cinq dernières années, pour simplement compenser la baisse de la production dans les champs existants et pour garder un production future au niveau actuel » déclare le directeur exécutif de l’Agence, Fatih Birol. La réduction de l’offre devrait in fine être moindre que ce de nombreux opérateurs de marché envisagent.

Un scénario alternatif

Le scénario alternatif va dans le sens d’une persistance du prix du baril de pétrole autour de 50 dollars jusqu’en 2020. Cette hypothèse pourrait être vérifiée dans le cas d’une croissance à moyen terme plus modérée qu’escompté, un apaisement des tensions géopolitiques au Moyen Orient, la poursuite d’une stratégie de l’OPEP axée sur la récupération d’une proportion plus grande de parts de marché, une meilleure résilience de la production pétrolière au sein des pays non membres de l’OPEP, notamment aux Etats-Unis.
Fatih Birol met également en avant la montée en puissance de l’énergie propre comme autre argument qui plaiderait pour l’absence d’une hausse significative de la demande de pétrole. Sans oublier l’intensification de l’efficacité énergétique.

Des prévisions à horizon 2040

Une notable remontée du prix du baril devrait être observée seulement après 2020. Selon l’AIE, d’ici 2040, la demande de pétrole devrait avoisiner 103,5 millions de barils par jours, contre 94,5 millions de barils par jour en 2015, prévoit l’AIE. La demande émanant des Etats-Unis, de l’Union européenne et du Japon devrait se contracter d’environ 10 millions barils par jour d’ici 2040.
Sur le plan des exportations, le Moyen Orient devrait conserver une place centrale. L’Iran pourrait être un contributeur significatif à la production pétrolière une fois que les sanctions imposées par les Etats-Unis et l’Europe seront levées. Pour connaitre une importante expansion de son activité pétrolière, l’Iran aura cependant besoin d’investissements massifs.
Vers 10h30, le prix du baril de Brent affiche un repli de 0,72% à 47,02 dollars. Le cours de l’or noir était de 114 dollars en juin 2014.