Le cours du baril de Brent enregistre ce matin une hausse de 1,54%, à 40,78 dollars. Parallèlement le cours du baril WTI gagne 1,98% à 38,68 dollars. Le tendance haussière du prix de la matière première date de quelques semaines  maintenant. Sur le seule dernier mois, la variation est +31% pour le Brent et +42% pour le WTI.

Cette récente remontée est cependant jugée fragile par François Duseux. Elle a été surtout portée par l’espoir de voir se dessiner prochainement un accord entre de grands pays pétroliers membres et non membres de l’OPEP afin de geler la production à son niveau du mois de janvier.
Or, d’une part ce niveau de production était un niveau historiquement élevé, relève François Duseux. Il n’est pas acquis que le gel décidé permettra de rétablir à court terme le déséquilibre entre l’offre et la demande. D’autre part, des dissensions importantes existent autour de la conclusion de cet accord. En particulier, un certain nombre de pays, tels que l’Arabie Saoudite, refusent d’aller au bout de l’engagement si l’Iran n’apporte par sa participation, ce que ce dernier s’obstine pour le moment à refuser.

« La situation est donc instable pour le moment», relève François Duseux.

Néanmoins, l’intérêt commun d’agir de front devrait finir par l’emporter et permettre un arrangement de nature à entrainer un rebond des prix plus durable d’ici la fin de cette année. « Je suis optimiste à ce sujet » indique le président de l’UFIP.

Ce rebond devrait laisser place à court terme à une relative stabilité avant de finir par assister à de nouvelles pressions haussières significatives à moyen terme.

« La baisse des investissements en amont devrait avoir une très forte influence sur le prix du pétrole dans les années à venir » admet François Duseux. Ces investissements ont fléchi de 24% en 2015 et devraient s’amoindrir de 17% en 2016. Au total, 200 milliards de dollars devraient disparaitre.
Sans compter le déclin naturel des champs existants qui est de 5%. « 5 millions de barils par jour sont perdus chaque année, ce qui donne 20 millions de barils entre 2016 et 2020».

Parallèlement la demande devrait continuer de progresser à raison d’1,5% par an.

« Le risque est réel d’observer un déficit de l’offre par rapport à la demande d’ici 2019-2020 qui entrainera un violent rebond du prix du baril » met en garde François Duseux.
L’Agence internationale de l’énergie prévoit d’ailleurs qu’en 2020, la demande devrait s’élever à 100 millions de barils par jour, et l’offre à 98 millions de barils par jour.

« Des jours difficiles s’annoncent dans un futur proche » conclut le président de l'UFIP.