Le marché des actions européennes présente à coup sûr des opportunités d’investissement intéressantes, juge Nadège Dufossé, et ce pour plusieurs raisons.

En premier lieu, les données économiques publiées pour la région sont globalement en ligne avec les attentes. Les indices PMI, au dessus de 50, font état d’une expansion de l’activité. La confiance des ménages est au rendez-vous et présage le maintien d’une consommation robuste. Le volume de crédits distribués est en progression. La dispersion de croissance entre pays européens, importante en 2015, tend à se réduire. « En somme le momentum est favorable » résume Nadège Dufossé.

L’existence de multiples risques politiques en premier lieu desquels le Brexit pèse sur le marché. Cependant, ces risques devraient être gérables.

Le rendement offert par les actions européennes demeure bien au dessus de celui que procurent les obligations européennes. Comparativement aux actions américaines, du fait notamment de la correction qui s’est produite en ce début d’année, les valorisations des actions européennes sont attractives.

Sur le plan des résultats microéconomiques, les entreprises européennes se situent en milieu de cycle de profitabilité tandis que les entreprises américaines sont en fin de cycle. La forte chute du prix du pétrole a vocation à impacter bien plus négativement les bénéfices des entreprises américaines que ceux des entreprises européennes. « Dans le secteur énergétique, est actuellement anticipé un affaissement des résultats de près de 60% aux Etats-Unis, contre 15% en Europe » précise Nadège Dufossé.

Une stabilisation des prix du pétrole devrait permettre une hausse des prévisions de profits des deux cotés de l’Atlantique. Pour l’heure le consensus table sur une hausse de 4% dans la zone euro. Il n’est pas impossible qu’une estimation à deux chiffres soit constatée en fin d’année. Ce d’autant plus que nous ne devrions pas assister à une dépréciation plus prononcée du dollar contre l’euro. « La parité euro devrait demeurer dans un range compris entre 1,05 et 1,15 ».

Cap sur les titres européens très décotés

Du fait de la forte baisse des taux et du repli des anticipations d’inflation, le style « value » a été fortement mis à mal ces derniers mois. « La sanction des titres décotées n’était pas sans fondements. Bon nombre d’entreprises entrant dans ce segment ont vu leur marge opérationnelle s’effondrer et leur rentabilité considérablement baisser » commente Nadège Dufossé.

Pour autant, cette sanction est jugée trop sévère par la responsable de Candriam. Sur un plan historique, la valorisation moyenne des titres « value » apparait extrêmement faible, de l’ordre d’un fois l’actif net.

Un rebond des titres « value » est envisagé par Nadège Dufossé sur fond d’une hausse des prix des matières premières et d’une relative amélioration de la profitabilité. Cependant le sursaut ne sera pas général. « En cela, il ne faut pas s’attendre à un retour massif des flux vers les titres « value » » avise Nadège Dufossé. La tendance haussière concernera certaines valeurs en particulier, sélectionnées minutieusement sur la base d’une analyse de leurs fondamentaux.

Le style croissance qui a largement bénéficié de la diminution du cout du capital se verrait en conséquence confronté à des vents moins favorables.