Les déménagements sont à la mode parmi les entreprises du CAC 40. Après Lafarge et Alcatel-Lucent l'année dernière, c'est au tour de Technip d'annoncer le transfert de son siège social dans le cadre d'un mariage transfrontalier. Le groupe a dévoilé ce matin un projet de fusion avec l'américain FMC Technologies, un spécialiste comme lui des services parapétroliers.

Cette fusion doit donner naissance à « un leader mondial de la production et de la transformation du pétrole et du gaz » face aux géants américains Schlumberger, Halliburton et Baker Hughes. S'ils ont prévu de conserver deux sièges opérationnels, l'un à Paris, l'autre à Houston (Texas), les deux groupes ont choisi Londres comme terre d'accueil de leur siège social."Il fallait un territoire neutre pour les deux entreprises, et nous avions déjà une coentreprise [Forsys Subsea, NDLR] basée à Londres », a expliqué le PDG de Technip, Thierry Pilenko, lors d'une conférence de presse.

D'autres raisons, fiscales, pourraient avoir motivé ce choix. Le gouvernement britannique vient en effet d'annoncer une baisse du taux d'imposition sur les sociétés, qui passera de 20% aujourd'hui à 17% en 2020. En France, ce taux atteint 33,3% et il culmine à 35% aux Etats-Unis. Thierry Pilenko a indiqué que le transfert du siège n'aurait « pas d'impact » sur la base fiscale du groupe en France. Il n'empêche qu'à l'heure où les entreprises britanniques redoutent les conséquences d'un éventuel Brexit, ce choix a valeur de symbole.