Le blocage total ou partiel des cinq raffineries opérées par Total en France va conduire le groupe français à "réviser sérieusement" les investissements qu'il avait prévus pour restructurer le secteur, a prévenu mardi son PDG, Patrick Pouyanné. "C'est quelque part une forme de rupture du pacte qui lie à la fois nos employés et notre entreprise", a estimé M. Pouyanné en marge de l'assemblée générale des actionnaires. "Cela va nous conduire à réviser sérieusement les plans que nous avons d'investissements dans l'ensemble de ces sites en France", a-t-il ajouté devant les journalistes.

Le groupe avait notamment prévu d'investir 600 millions dans la modernisation du site de Donges (Loire-Atlantique) et la reconversion celui de La Mède (Bouches-du-Rhône), où 180 postes seraient supprimés. "Nous allons regarder, notamment sur le plan de Donges, qui était un plan d'investissement lourd, si nous devons effectivement investir 500 millions d'euros. Je ne dis pas que nous ne le ferons pas, je vous dis simplement que nous devrons tirer des leçons de ce qui se passe et réviser ces plans", a précisé le PDG.

La CGT a annoncé ce matin que toutes les raffineries françaises (8 sites dont 5 appartiennent à Total) étaient désormais en grève contre la loi Travail, avec à la clé des baisses de débit ou des arrêts complet de production. Le dépôt pétrolier de Fos sur Mer, dans les Bouches du Rhône, a quant à lui été évacué par les forces de l'ordre tôt ce matin. Parallèlement les pénuries d'essence s'étendent dans le Grand Ouest et l'Ile de France. Si les blocages perdurent, le gouvernement a indiqué qu'il envisageait un recours aux stocks stratégiques.