En 2015 les énergies renouvelables représentaient 32% de la production d'électricité en Europe. Cette part pourrait doubler au cours des vingt prochaines années et atteindre 70% en 2040, d'après un rapport publié lundi par le Bloomberg New Energy Finance (BNEF), un centre d'expertise sur le secteur de l'énergie.

Les énergies renouvelables seront les sources d'électricité les moins chères dans de nombreux pays dans la décennie 2020 et dans la quasi-totalité du monde à partir de 2030, selon ce rapport. "Les prix du gaz et du charbon vont rester bas, mais cela n'empêchera pas la transformation fondamentale du système électrique mondial dans les prochaines décennies vers les énergies renouvelables comme l'éolien et le solaire", précise le BNEF.

Tous les pays n'en sont pas au même stade dans cette transition énergétique. Aux Etats-Unis, les énergies dites vertes (hydroélectricité, éolien, solaire, etc.) ne représentaient que 14% de la production d'électricité l'an dernier. Elles pourraient atteindre 44% en 2040, contre 31% pour le gaz (dont une bonne part de gaz de schiste), selon le BNEF. 

"Une conclusion qui peut surprendre, c'est que nos prévisions ne montrent pas un âge d'or du gaz, sauf en Amérique du Nord. Comme source d'électricité au niveau mondial, le gaz sera dépassé par les renouvelables en 2027", commente Elena Giannakopoulou, économiste de l'énergie, citée dans un communiqué. Il faudra cependant attendre 2037 pour que les renouvelables dépassent le charbon. Au total, quelque 7.800 milliards de dollars seront investis dans les énergies "vertes" entre 2016 et 2040 au niveau mondial, quand les énergies fossiles attireront 2.100 milliards de dollars, surtout dans les pays émergents, précise le BNEF.

Autre prévision frappante de ce rapport : les voitures électriques représenteront 35% des ventes de nouveaux véhicules dans le monde en 2040, soit 41 millions de véhicules.