En matière d'énergies renouvelables les groupes tricolores ne jouent pas forcément la carte hexagonale. La preuve avec l'annonce quasi simultanée par EDF et Total d'investissements en Chine et aux Etats-Unis dans l'énergie éolienne.
EDF, qui exploite plusieurs centrales nucléaires et une demi-douzaine de centrales à charbon dans l'Empire du Milieu, veut profiter de l'essor du marché éolien. Il a annoncé mardi le rachat de la société spécialisée UPC Asia Wind Management (AWM) pour un montant non dévoilé. "Suite à cette prise de participation, EDF Energies Nouvelles détient désormais 80% des parts de la société UPC AWM basée à Hong Kong. Les partenaires UPC China, développeur local historique et le fonds d’investissement américain Global Environment Fund (GEF) restent actionnaires de la société à hauteur de 20%", a précisé le groupe. Cette implantation sur le "premier marché mondial des énergies renouvelables" répond à l'objectif affiché par l'électricien de doubler sa puissance installée dans ces énergies, qui doit passer de 28 gigawatts à 50 GW d'ici 2030. Le portefeuille chinois d'AWM représente à lui seul 1,3 GW (déjà en exploitation ou en développement) soit plus que la capacité installée d'éolien détenue par EDF en France (1 GW).

Total part à la conquête de l'Ouest

Total lorgne un autre marché, a priori plus confidentiel. Via son fonds d'investissement dans les start-up, Total Energy Ventures (TEV), le groupe est entré au capital d’United Wind, une société qui développe des projets de mini-éoliennes (de 10 à 100 kW) pour des petites entreprises rurales et des particuliers américains. L'entreprise, dont les premières unités ont été installées dans l'état de New York, veut s'étendre avec l'aide du groupe français vers le Midwest, le Colorado et le Minnesota. "Ce nouvel investissement renforce le portefeuille de participations de TEV dans le domaine de la distribution d’énergie renouvelable décentralisée. Il permet d’explorer l’intérêt des offres à petite échelle intégrables aux réseaux électriques et de leurs solutions de financement", commente le directeur Développement durable et Environnement de Total, Jérôme Schmitt.
Cette diversification dans l'éolien ne représente que d'une goutte d'eau dans les activités américaines du groupe centrées sur l'exploration pétrolière, le raffinage et la distribution de gaz. En revanche Total a misé gros sur l'énergie solaire avec sa participation majoritaire dans Sunpower, l'un des leaders mondiaux des panneaux photovoltaïques. Ce dernier construit actuellement la plus grande centrale solaire du monde en Californie et table sur un chiffre d'affaires de 3,2 milliards de dollars en 2016 contre 2,6 milliards en 2015.