Le rebond des valeurs pétrolières a fait long feu. Après avoir gagné respectivement 25% et 17% au cours des cinq dernières séances, Vallourec et CGG cèdent 3,1% et 5% jeudi matin. Quant à Total, il recule de 0,6%, à contre-courant d'un CAC 40 en hausse de 0,5%.

La hausse pour la troisième semaine consécutive des stocks pétroliers aux Etats-Unis a douché l'enthousiasme des investisseurs. Le Brent est ainsi retombé 43,5 dollars ce matin contre 45 dollars hier en début d'après-midi. D'autres éléments pèsent sur les valeurs pétrolières. L'Arabie Saoudite a indiqué mercredi avoir pompé 10,62 millions de barils par jour en juillet, un record, portant la production du cartel à son plus haut niveau en 8 ans. Quant à l'Agence internationale de l'énergie (AIE) elle a abaissé ce matin sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole en 2017, en raison de perspectives macroéconomiques plus sombres dans la foulée du Brexit. Ces éléments remettent en cause l'idée d'un rebond des prix à court terme, les producteurs ne parvenant pas à s'entendre pour résorber l'excès d'offre sur le marché.

Le cas Vallourec divise les analystes

Cependant si le baril se maintient aux niveaux actuels les forages pourraient reprendre au second semestre aux Etats-Unis, a souligné hier la banque Morgan Stanley, dont les prévisions ont dopé le titre Vallourec (voir notre article). Les analystes de Credit Suisse se montrent nettement plus prudents ce matin : "Les pressions sur les prix (de l'industrie parapétrolière, ndlr) devraient rester vivaces dans le contexte de surcapacités actuel avec des investissements qui se tassent du fait de la baisse structurelle des prix pétroliers", estiment-t-ils, redoutant pour le fabricant français de tubes sans soudure une reprise "chétive" de ses marchés.