Engie serait-il en train de revoir ses ambitions dans le nucléaire à la baisse ? Le groupe n'est pas sûr de poursuivre ses projets de centrales nucléaires au Royaume-Uni et en Turquie, dont il étudie la "viabilité économique", a indiqué mercredi Isabelle Kocher, sa directrice générale, lors d'une conférence de presse. Elle réagissait aux informations du site BFM Business évoquant un possible retrait d'Engie de ces deux projets, jugés trop coûteux.

"Dans les deux cas, nous sommes très en amont, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de décision à prendre immédiatement", a précisé Mme Kocher. La construction de la centrale turque a été attribuée en mai 2013 à un consortium associant les japonais Mitsubishi et Itochu, Engie et le turc EUAS. Il doit encore faire l'objet d'une étude de faisabilité en raison notamment des risques sismiques du pays. En Angleterre, Engie est associé au japonais Toshiba au sein du consortium NuGen dans un projet de construction de trois réacteurs, pour lequel une décision finale d'investissement est attendue fin 2018.

Ce n'est pas la première fois qu'Isabelle Kocher exprime ses réserves sur les nouveaux projets de centrales. Dans une interview à l'Express/l'Expansion parue en juin, elle avait estimé que "les opportunités de développer des installations nucléaires neuves se sont beaucoup réduites ces dernières années". En revanche, "il est très sensé de prolonger la durée de vie d'un parc nucléaire existant, tant que les conditions de sûreté sont réunies".

Engie exploite aujourd'hui 7 réacteurs nucléaires, tous situés en Belgique, via sa filiale Electrabel. Interrogée sur l'avenir de cette activité, Mme Kocher a indiqué qu'une réflexion pourra être engagée sur une ouverture du capital d'Electrabel après l'éventuel feu vert du Parlement belge à l'allongement de la durée d'exploitation de deux de ces tranches à 50 ans. "Nous considérons que (...) la meilleure solution, c'est de le prolonger, parce que c'est un outil de production qui est extrêmement efficace, qui est économiquement très performant", a-t-elle ajouté. La sortie du nucléaire n'est donc pas pour tout de suite. Mais le groupe n'en fait clairement pas un élément clé de sa mutation en "leader de la transition énergétique".