Rien ne va plus pour Exxon Mobil. Pour la deuxième année consécutive en 2016 le géant pétrolier américain a vu ses bénéfices divisés par deux. Le bénéfice net ressort à 7,8 milliards de dollars, contre 16,5 milliards en 2015, loin, très loin des profits record affichés en 2008 et 2012 (45 milliards de dollars).

En cause, "la baisse prolongée du prix des matières premières" qui a comprimé les revenus et les investissements du groupe au cours des deux dernières années. Cette baisse des cours a également contraint Exxon à passer une lourde dépréciation (2 milliards de dollars) au quatrième trimestre sur ses réserves inexploitées de gaz naturel aux Etats-Unis.

Le titre Exxon cédait 1,2% mardi à New York, soit un repli de 7% depuis le début de l'année.

Mais que les actionnaires se rassurent : le plus dur – si tant est que ce fût dur- est certainement passé. La remontée des cours du pétrole depuis la mi-2016 a permis d'enrayer la baisse du chiffre d'affaires, en hausse de 2% au dernier trimestre sur un an. En outre, l'arrivée au pouvoir de Donald Trump devrait donner un nouvel élan à l'industrie pétrolière américaine, le président ayant commencé à détricoter les réglementations environnementales qui freinent selon lui le développement du pays. La Chambre des représentants pourrait également annuler cette semaine une disposition de la loi Dodd-Frank de 2010 obligeant les compagnies pétrolières et minières américaines à publier les commissions versées aux gouvernements étrangers dans le cadre de leurs activités.

Sans oublier bien sûr la nomination de Rex Tillerson, PDG d'Exxon Mobil de 2006 à 2016, au poste de secrétaire d'Etat. Loué par Donald Trump pour sa "grande expérience sur la façon de nouer des accords à succès avec tous les types de gouvernements étrangers", le Texan s'est surtout distingué jusqu'à présent par ses mises en garde à la Chine et par sa volonté de lever les sanctions américaines contre la Russie. Même s'il a confié ses actions Exxon Mobil à un trust indépendant, ses décisions au ministère des affaires étrangères influeront inévitablement sur le cours de ces titres. Le Sénat doit entériner sa nomination mercredi.