EDF chute lourdement mercredi au premier jour de son augmentation de capital de 4 milliards d'euros. En début d'après-midi le titre reculait de 7% sur le marché parisien, à 8 euros, après être tombé ce matin à 7,8 euros, son plus bas niveau historique. Rappelons qu'il valait 32 euros lors de l'introduction en bourse de l'électricien public, en 2005.

La baisse du jour est en partie imputable aux conditions de l'augmentation de capital. Le détachement du droit de souscription (DPS), valorisé à 0,77 euro, fait mécaniquement baisser le titre. Par ailleurs l'Etat a annoncé avoir cédé pour 92 millions d'euros de DPS ce matin ce qui accentue un peu plus la pression baissière. "Au terme de ce placement, l'État souscrira, comme il s'y est engagé, à 3 milliards d'euros dans le cadre de l'augmentation de capital", a néanmoins précisé l'Agence des participations de l'Etat.

EDF a annoncé mardi le lancement d'une augmentation de capital de 4 milliards d'euros avec maintien du droit préférentiel de souscription. Le prix de souscription a été fixé à 6,35 euros par action nouvelle, soit une décote de près de 34% par rapport au cours de clôture de l'action EDF lundi (9,618 euros). "C'est une décote bien plus importante que ce nous avions anticipé, qui implique un impact dilutif bien plus élevé", observent les analystes de Morningstar.

Valorisation élevée

Cette augmentation de capital doit permettre au groupe de renforcer ses fonds propres et de faire face aux coûts de maintenance et de mise à niveau de son parc nucléaire. Mais "alors que l'opération devrait permettre à EDF de se financer au cours des prochaines années, nous ne pensons pas qu'elle sera suffisante pour couvrir le passif nucléaire à long terme ou une nouvelle vague de construction nucléaire en France", estiment analystes de Deutsche Bank.

Malgré la chute du titre ces dernières années, la valorisation d'EDF reste élevée, ajoute Goldman Sachs. Le ratio valeur d'entreprise sur excédent brut d'exploitation est identique aux autres "utilities" intégrées alors qu'EDF affiche une plus mauvaise génération de trésorerie. GS a d'ailleurs abaissé son objectif de cours sur le titre EDF de 8,60 euros à 8,0 euros ce matin en maintenant son conseil vendeur, tout comme Deutsche Bank.

Pour le PDG du groupe Jean-Bernard Lévy, les résultats d'EDF devraient atteindre un point bas cette année avant un rebond en 2018. Il a également évoqué mardi dans Les Echos la "forte capacité de rebond" du titre. Cependant il est difficile de dire que le point bas a été atteint.