Etat français vend bijoux de famille. Le ministre de l'économie Bruno Lemaire a annoncé mardi la cession pour 1,5 milliard d'euros de 4,5% du capital d'Engie, ex premier énergéticien mondial avant la fusion récente entre deux groupes chinois.
"Cette cession de titres s'est déroulée dans de très bonnes conditions pour les intérêts patrimoniaux de l'Etat. Elle constitue la première étape du plan de cessions d'actifs pour un montant de 10 milliards d'euros", s'est félicité le ministre dans un communiqué. Le produit de cette opération permettra d’alimenter un fonds pour l’innovation, voulu par le président de la République mais qui reste à créer.

D'autres cessions devraient donc être engagées au cours des prochains mois pour atteindre les 10 milliards, "au rythme et aux conditions les plus intéressantes pour l'Etat", a précisé dimanche le Premier ministre Edouard Philippe. La veille, Bruno Le Maire avait même évoqué de possibles privatisations, ce que n'a pas confirmé M. Philippe. Les cessions sont pilotées au sein du ministère de l'économie par l'Agence des participations de l'Etat (APE), qui gère le patrimoine financier de l'Etat. Elle détient des titres dans 81 entreprises (dont 70 sociétés cotées), ce qui laisse le choix en matière de cessions.

Parmi les entreprises dont le nom revient le plus souvent figure notamment La Française des jeux. L'Etat en détient 72% et pourrait espérer retirer de leur vente plusieurs centaines de millions d'euros, alors que la valeur de l'entreprise est évaluée à 2 milliards d'euros selon des banquiers d'affaires. Mais le premier opérateur français de jeux d'argent rapporte aussi beaucoup chaque année à l'Etat, via les dividendes (133 millions l'an dernier). En cas de cession, l'Etat continuerait aussi de percevoir les prélèvements sur les mises (3,12 milliards d'euros en 2016).

Outre La FDJ, sont régulièrement évoqués les groupes Renault (PA:RENA), où l'Etat est monté au capital en 2015 pour détenir 19,75%, tout en promettant de revendre ses titres au moment opportun, ou bien Orange (23% directement et indirectement), au capital duquel l'Etat n'a pas "vocation" à rester "de manière pérenne", selon Emmanuel Macron. Quant à Aéroports de Paris (ADP), dont l'Etat détient encore 50%, il apparaît comme un bon candidat à la privatisation.

En attendant, Engie résiste plutôt bien aux changements dans son capital, le titre avançant de 0,9% mercredi vers 11h sur un marché parisien en baisse de 0,3%.