A l'unisson des bourses mondiales, le pétrole poursuit son rebond. Le baril de Brent de la Mer du Nord atteignait 61 dollars vendredi vers 14h GMT, contre 60,58 dollars jeudi soir. Il campe ainsi au-dessus du seuil des 60 dollars atteint la semaine dernière, son plus haut niveau en deux ans, et a repris 15 dollars depuis la mi-juin.

Ce rebond s'explique d'abord par l'amélioration des fondamentaux du marché pétrolier. Soutenue par la reprise des échanges et de la production au niveau mondial, la demande d'or noir devrait augmenter d'1,6 million de baril par jour (bpj) en 2017 et d'1,4 million de bpj en 2018, selon l'Agence internationale de l'énergie, qui n'a cessé de relever ses prévisions depuis le début de l'année. En Chine, les importations de pétrole ont atteint 9 millions de barils par jour en septembre, soit le deuxième plus fort volume de son histoire.

L'autre grand facteur de soutien au cours du brut réside dans la limitation de la production de l'Opep et de ses partenaires, en particulier la Russie. L'accord conclu il y a un an, reconduit en mai pour neuf mois, a d'abord permis de stabiliser les cours puis ouvert la voie à un rebond vers les 60 dollars. Les investisseurs s'attendent d'ailleurs à nouvelle prolongation des quotas jusqu'à la fin de l'année 2018. "On bascule en novembre avec la réunion de l'Opep en fin de mois, mais on s'attend à des déclarations positives sur une prolongation de l'accord au-delà de mars 2018", explique Mark Watkins, directeur régional chez U.S. Bank, cité par l'agence Reuters. Ainsi, si certains opérateurs ont été tentés de prendre leurs bénéfices après le bond de plus d'un tiers du Brent par rapport à ses creux du mois de juin, les fondamentaux du marché restent positifs, selon lui.

De son côté, l'AIE table sur un rééquilibrage entre l'offre et la demande, qui devraient croître à un rythme similaire l'année prochaine. "Pour 2018, nous estimons que trois trimestres sur quatre seront globalement équilibrés - en conservant l'hypothèse d'une production stable de l'Opep et en se fondant sur des conditions météorologiques normales", précise l'Agence de l'énergie. De quoi porter le baril au-delà de ses niveaux actuels, à condition bien sûr que la reprise mondiale se poursuive. Dans ses dernières prévisions le FMI table sur une croissance de 3,7% en 2018 contre 3,6% en 2017. Mais cet optimisme ne doit pas faire oublier les risques qui pèsent sur cette croissance, notamment géopolitiques, ainsi que les déséquilibres liés aux poids des dettes publiques et privées, ajoute le Fonds.