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Politique énergétique: le parti pris des partis

Politique énergétique: le parti pris des partis

(Easybourse.com) Devenu un grand thème de discussion, la politique énergétique de la France est entrée au coeur de la campagne présidentielle de 2012. De la primaire socialiste à l'accord du PS avec les écologistes d'EELV, jusqu'au récent discours de Nicolas Sarkozy au Tricastin, tous ont une position sur l'avenir énergétique de la France.

Déjà très présente dans les débats de la primaire socialiste, puis remise en avant lors de la signature de l’accord entre le PS et les écologistes d’EELV, la politique énergétique de la France enflamme les esprits, au point que le président de la République lui-même est venu apporter sa contribution récemment lors d'un discours sur le nucléaire, tenu à la centrale nucléaire du Tricastin.

L'opposition réunie autour d'un accord inachevé


A la mi-novembre, Europe Ecologie Les Verts (EELV) et le parti socialiste (PS) ont présenté au public un accord signé en vue des prochaines élections présidentielles. Nombre de commentateurs se sont alors arrêtés sur un élément central de cet accord, qui concerne l'avenir de la filière nucléaire française. Ce que révèle cet accord, qui n'aboutit pas à une solution définitive concernant l’EPR de Flamanville, c'est que les débats sur l'énergie entre politiciens se concentrent avant tout sur la place de l'énergie nucléaire dans le mix énergétique français.

Pour mémoire, et afin de remettre en perspective certains chiffres, le mix énergétique actuel de la France se compose à 46% de pétrole -surtout à cause des transports-, à 20% de gaz, et à 23% seulement d'électricité... Or si la France est compétitive en matière d'électricité, elle est au contraire très mal placée sur la question du pétrole.

Pour autant, l'"accord politique de mandature" PS-EELV entérine l'idée présentée par François Hollande de réduire la part du nucléaire dans le mix électrique français de 75% à 50% d’ici à 2025. A quoi il convient d'ajouter la fermeture de la centrale de Fessenheim, en cas de victoire du PS, et l'arrêt progressif de 24 réacteurs.

Reste quelques éléments de désaccords à l'instar du chantier de l’EPR à Flamanville que le candidat du PS souhaite poursuivre, ainsi que l'avenir de la filière de retraitement et de fabrication du combustible MOX, et dont Areva demeure le premier fabricant au monde avec près de 95% du MOX mondial produit.

François Hollande résumait ainsi sa position dans une tribune au journal Le Monde: "il s’agit de sortir progressivement du tout-pétrole pour les transports et du tout-nucléaire pour l’électricité".

La majorité attentive aux énergies... en 2050

Avec son plan "Energies 2050", le gouvernement entend démontrer sa forte préoccupation vis-à-vis des questions énergétiques. Prenant en compte l'ensemble des scénarii énergétiques, allant de la fin du nucléaire à l'arrivée des réacteurs de 4e génération, cet exercice de prospective est mis en œuvre depuis le 20 octobre par une commission pluraliste présidée par l'économiste Jacques Percebois.

Dans le détail, tous les scénarii doivent prendre en compte trois facteurs clé : le prix de l’énergie, la protection de l’environnement et la sécurité d’approvisionnement de la France. Ces trois facteurs, parfois contradictoires, se retrouvent d'ailleurs naturellement dans l’argumentaire de l’UMP qui milite ostensiblement pour le maintien d'une filière nucléaire prépondérante.

Nicolas Sarkozy indiquait en effet dans son discours au Tricastin que la filière des énergies renouvelables "n’a pas vocation à venir se substituer à la filière nucléaire. Elle est là pour venir remplacer, à terme, toutes les énergies carbonées. Les énergies renouvelables sont complémentaires de l’énergie nucléaire."

Pour les uns, la transition vers une énergie sans carbone sera un levier de reprise économique et non un frein. Mais pour tous, ainsi que le rappelait Nathalie Kosciusko-Morizet lors du dernier Forum Energies organisé par l'université Paris-Dauphine, "la période actuelle doit permettre de repenser notre politique énergétique au niveau national comme international".

A l'instar du PDG d'EDF, Henri Proglio, qui déclarait en novembre dernier que dans les dix ans qui viennent, le prix de l’électricité suivrait une augmentation modérée en France de 22 à 34%, tous jugent enfin que le prix de l’énergie aura tendance à croître à cause du renchérissement des énergies fossiles et de l’ampleur des investissements à engager sur les centrales comme sur les énergies renouvelables.
NS

Publié le 20 Décembre 2011