Le produit Doubl'ô continue de faire parler de lui. Les Caisses d'Epargne ont fait l'objet d'un rapport de la Direction des fraudes pour "publicité mensongère" a annoncé mardi Me Daniel Richard, confirmant l'information relayée dans la matinée par la radio RTL. En plus du rapport, la Direction générale de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a également transmis au Parquet de Paris un procès-verbal d'infraction, a précisé l'avocat. Il a par ailleurs ajouté avoir demandé officiellement au Parquet le renvoi en correctionnelle de la Caisse d'Epargne.

Il ne s'agit pas de la première attaque contre l'Ecureuil pour Doubl'ô. Ce produit de placement, lancé par la banque en 2001, promettait un doublement du capital investi en 6 ans. Au total, Quelques 240 000 épargnants avaient été attirés par Doubl'ô. Mais les plaintes à l'encontre des Caisses d'Epargne ont commencé à pleuvoir dès 2007. Les épargnants se sont en effet rendus compte que les placements arrivés à terme leur ont juste permis de récupérer leur mise, minorée des frais de souscriptions.

Interrogé par l'AFP, Me Marc Henri, avocat des Caisses d'Epargne réfute l'accusation de tromperie: "Nous nous inscrivons en faux contre les affirmations selon lesquelles la banque aurait promis un doublement du capital investi en 6 ans". Pour lui, la seule chose qui était garantie était le capital investi.

D'après l'AFP, la plaquette promotionnelle de Doubl'ô affichait "Doublez votre capital en 6 ans*". L'astérisque faisait référence à un paragraphe écrit en petits caractères indiquant "sous réserve des conditions indiquées dans la notice COB". Ces conditions prévoyaient notamment qu'aucune action intégrée au panier de valeurs boursières n'enregistre une baisse d'au moins 40%. Or, c'est ce qui s'est produit sous l'effet du fort repli des Bourses.

Pour Me Henri, c'est la preuve que la banque n'a pas cherché à leurrer ses nombreux clients. "Plusieurs décisions de justice ont déjà donné raison aux Caisses d'Epargne et la banque est confiante de convaincre" désormais le Parquet de Paris, a assuré l'avocat.

Rappelons toutefois que le 28 mai dernier, le tribunal de Cholet avait condamné l'Ecureuil à verser 4 500 euros de dommages et intérêts à une cliente qui avait souscrit au produit Doubl'ô.