Le gérant a été mis en cause par près d’une quarantaine de conversations enregistrées par la justice, une tactique normalement exploitée pour interpeller des gens de la mafia ou des narco trafiquants.

Dans ces conversations, Raj Rajaratnam parlait librement de la négociation de titres grâce à des informations confidentielles obtenues illégalement, avant que le public ne soit informé.

Hier, le procureur de Manhattan a remporté une victoire historique. Après 12 jours de délibération du jury, le gérant de Galleon a été reconnu coupable de cinq chefs d’accusation de conspiration et neuf chefs d’accusation de fraude boursière. Les faits reprochés à M.Rajaratnam s’étalent sur sept ans et lui auraient permis de gagner 63,8 millions de dollars. Il est maintenant passible d’une peine d’emprisonnement de 15 à 20 ans, selon les directives en matière de sentence et d'une amende de 100 millions de dollars.

L’avocat du gérant, John Dowd, a signalé qu’il ferait appel. Le fait d’utiliser des enregistrements comme preuve serait particulièrement discutable.

Ce jugement, et le sérieux avec lequel la justice américaine a traité cette affaire (notamment par le biais d'une mise sur écoute téléphonique) augurent-t-ils une nouvelle manière d'appréhender les délits d’initié aux Etats-Unis ?

Certainement pas, répond Marc Fiorentino, président d’Euroland Finance. «Ceux qui frauderont seront plus prudents. Ils éviteront d’utiliser leur téléphone. Le délit d’initié sera plus subtil. Ce qu’a fait le gérant de Galleon est « old school ». Gagner de l’argent sur une information privilégiée directe, ça ne se fait plus. Quand on est un fonds puissant, il suffit de recevoir les analyses d’une grande banque d’affaires concernant la recommandation d’une société donnée, l’avis sur telle ou telle matière première avant le grand public pour être initié. Cela est tout à fait légal».

Galleon Group figure parmi les dix plus grands hedge funds de la planète. Il gérait 7 milliards de dollars en 2008.

La fortune personnelle de Rajaratnam est évaluée à 1,8 milliards de dollars, le plaçant au rang de 262ème fortune selon le magazine Forbes en 2009.