Le secteur bancaire est à nouveau en grande difficulté ce jeudi à la Bourse de Paris. Au lendemain d’une séance noire qui a vu Société Générale perdre près de 15%, les financières (y compris Axa) dévissent.

D’après l’agence Reuters, la hausse soudaine du sentiment de risque, associée à la chute brutale des cours des banques françaises mercredi, ont incité certaines banques en Asie à réexaminer leurs risques de contrepartie et à regarder si elles devaient réduire leur exposition aux établissements bancaires européens. Parmi elles, au moins une banque aurait coupé ses lignes de crédit aux banques françaises et cinq autres banques asiatiques seraient en train de revoir leurs prêts aux établissements hexagonaux.

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a pourtant assuré de la solidité des banques tricolores dont il a souligné les bons résultats au premier semestre et la gestion rigoureuse des risques.

Mais les marchés savent que BNP et ses consoeurs sont parmi les plus exposées aux dettes de l’Italie et de l’Espagne, deux pays dans le collimateur des agences de notation qui s’apprêtent à prendre des mesures drastiques d’économies. Le ministre italien des finances, Giulio Tremonti a ainsi déclaré jeudi qu’il pourrait relever « dès maintenant » les taxes sur les gains financiers, de 12,5% à 20%, ce qui pourrait avoir un impact sur les activités bancaires dans le pays.

Par ailleurs, en Grèce, le gouvernement a annoncé un possible allongement du programme de restructuration de la dette, qui pourrait se traduire par des dépréciations supplémentaires chez BNP Paribas (voir notre article).

Vers 14h40, les bancaires réduisent leurs pertes mais restent à la traîne du CAC 40. BNP Paribas cède 4,9%, Société Générale 3,4%, Crédit Agricole 2,1%. Axa enregistre le plus fort recul de l'indice: -5,4%.