Une monnaie forte n’est pas dans l’intérêt de la Suisse. C’est en substance le message que la banque centrale suisse souhaite transmettre aux marchés financiers. Elle est ainsi intervenue à trois reprises en deux semaines pour limiter les tensions sur sa devise qui a souffert de la baisse de l’euro et du dollar. Depuis le début du mois, le Franc Suisse a progressé de près de 4% par rapport à l’euro, en se plaçant aux alentours de 1,15 euro. La hausse est beaucoup plus marquée depuis le début de l’année puisque la devise helvétique a grimpé de 25% par rapport à l’euro.

Il semble que la Suisse passe pour un havre de solidité financière face aux zones dollars et euro lourdement attaquées sur les marchés obligataires. La confédération affiche un taux de chômage inférieur à 3% et un taux d’endettement de 39% du PIB. Mais, l’économie est très dépendant des exportations qui correspondent à la moitié du PIB d'où la nécessité de maintenir une monnaie compétitive.

D’après la presse, la Banque centrale suisse envisagerait d’arrimer la devise nationale à l’euro. Il s’agirait de maintenir le Franc Suisse sous le seuil d’1,1 euro. Mais beaucoup de spécialistes estiment que les interventions de l’institut monétaire seront vains et pourraient coûter très cher à la Suisse. Les incertitudes de la zone euro alourdissent la pression sur les changes. Hier, l’annonce d’une croissance allemande très en-dessous des attentes au deuxième trimestre, a relancé les tensions sur le Franc Suisse.