Moody’s a mis sa menace à exécution. L’agence de notation financière a dégradé mercredi les notes de deux des trois principales banques françaises, la Société Générale et le Crédit Agricole, et placé BNP Paribas sous surveillance négative.

Elle tire ainsi les conséquences de l’exposition de ces établissements à la Grèce, dont la faillite est de plus en plus probable. Cette décision avait été largement anticipée par les marchés. En outre, Moody’s s’est montrée plutôt clémente en ne déclassant que d’un cran les notes de SG et Crédit Agricole, alors qu’elle avait précédemment évoqué des baisses de deux crans. C’est également une dégradation d’un cran qui menace BNP Paribas, même si la banque dispose d’un niveau de profitabilité et de fonds propres suffisant pour absorber les pertes potentielles du fait de son exposition à la Grèce, au Portugal et à l'Irlande, selon Moody’s.

BNP Paribas et Crédit Agricole prennent des mesures


Les banques aussi semblent avoir anticipé cette décision. Lundi, Société générale avait annoncé de nouvelles cessions d'actifs et des réductions de coûts destinées à libérer quatre milliards d'euros de fonds propres supplémentaires d'ici 2013. Ce mercredi, BNP Paribas a annoncé des mesures similaires. La banque a fait savoir qu’elle allait réduire la taille de son bilan ainsi que ses besoins de financement en dollars, tout en relevant son objectif de fonds propres « durs » à 9% contre un précédent objectif de ratio Core Tier One « nettement supérieur à 7% ».

Quant à Crédit Agricole, il va mettre en place d’ici décembre un mécanisme de soutien interne à sa banque d’investissement. (Crédit Agricole CIB). Ce mécanisme prendra la forme d’une « garantie générale » des activités de Crédit Agricole CIB ou d’une affiliation de CA CIB par Crédit Agricole SA.
Les marchés restent très prudents vis-à-vis de ces différentes annonces. Vers 11h, le titre Société Générale chute de 3,4%, celui de BNP Paribas de 3%, tandis que Crédit Agricole avance de 1,8%.