Face aux interrogations de plus en plus persistantes sur le risque de crédit des banques européennes, la BCE a décidé de réagir en facilitant les conditions d’octroie de prêts.

Selon le communiqué diffusé, l'Eurosystème a aboli le critère d'éligibilité selon lequel les instruments de dette, autres que les obligations sécurisées, émis par les organismes de crédit, ne sont acceptables que s'ils sont négociables sur un marché réglementé.

La BCE limite cependant l’acceptation des instruments de dette non sécurisée émis par les banques. Ces instruments seront recevables dans la limite où la valeur qui leur est assignée ne dépasse pas 5% de la valeur totale de la garantie présentée.

Cette décision rend compte du fait que l’institution monétaire européenne est attentive aux difficultés rencontrés par le secteur bancaire et a conscience qu’elle est le seul opérateur à pouvoir agir aujourd’hui pour limiter au maximum le risque de liquidité perçu par le marché et pour maintenir dans la mesure du possible la stabilité du système.

Ce mercredi, le FMI signale que les menaces sur cette stabilité se sont considérablement renforcés et propose d’étendre les prérogatives du Fonds européen de stabilité financière pour recapitaliser les banques européennes en déroute.
Cependant, lorsque l’on sait que le FESF dans sa nouvelle forme, décidée le 21 juillet dernier, n’est pas prêt de voir le jour en raison de l’absence de vote des parlements nationaux en Slovaquie et en Slovénie ; et lorsque l’on tient compte du fait que l’Allemagne qui est le premier contributeur du Fonds est réticent à renforcer sa capacité de 440 milliards d'euros à l'heure actuelle ; l’on en déduit que la BCE est le seul rempart à même de pouvoir éviter un effondrement du système bancaire européen.

Cette position de la BCE fait suite à l’action concertée avec la Fed, la Banque d’Angleterre, la Banque Suisse et la Banque du Japon pour palier au problème de refinancement en dollar.