L’Europe veut préparer ses banques à un défaut grec. A la suite des dirigeants allemands et français, le président de Commission José Manuel Barroso a appelé hier à un «effort de recapitalisation, coordonné et ciblé» des banques européennes, en particulier celles présentant un risque «systémique». Cette recapitalisation doit se faire «urgemment», a-t-il précisé.

Les autorités de supervision nationales ont été chargées de tester d’ici le 23 octobre la solidité de leurs principaux établissements, afin d’évaluer leurs besoins en fonds propres. Ces tests prendront en compte leur exposition à l’ensemble des titres de dettes souveraines en Europe qui seront valorisés à leur valeur de marché. C’est une nouveauté par rapport aux précédents 'stress tests', qui tenaient compte d’une faible décote (21%) sur les titres grecs par exemple, sans rapport avec leur valeur de marché (moins de 50% de leur valeur faciale). Par ailleurs, les banques testées devront respecter un niveau de capital « dur » de 9 % contre 5 % seulement lors du dernier stress test, en juillet. Il s’agit en fait d’imposer dès aujourd’hui aux banques les règles dites de Bâle III qui ne devaient commencer à s’appliquer qu’en 2013.

«Un nombre important de banques devrait échouer à ces stress tests», a confié à Reuters une source bancaire. Les établissements français, qui ont affirmé pouvoir atteindre un ratio « Core Tier One » de 9% en 2013, pourraient ainsi être contraints de se recapitaliser, bien qu’ils jugent leurs niveaux actuels de fonds propres largement suffisants pour absorber le choc d’un défaut grec. De son côté, la fédération des banques privées allemandes (Bdb) a estimé que les propositions du président de la Commission étaient «inappropriées» car «elles ne luttent pas contre les causes de la crise actuelle de la dette publique».

Vers 11h45, le secteur bancaire pèse sur le CAC 40 après avoir tiré l’indice ces derniers jours. BNP Paribas cède 2,6%, Crédit Agricole 2%, Société Générale 1,5% et Natixis 2,5%.