«Il y a de l’argent à gagner comme j’ai rarement vu dans ma carrière, en particulier du fait des opérations de refinancement à long terme illimitées de la BCE à un taux faible de 1%. Cela est extrêmement favorable au marché de la dette souveraine et de la dette bancaire» soutient Philippe Delienne, président de la société de gestion.
Les titres obligataires représentent ainsi 80% de l’allocation d’actifs. Dans ces 80%, 25% sont constitués d’obligations souveraines et 20% d’obligations bancaires.

S’agissant de l’obligataire souverain, Convictions AM a décidé de mettre l’accent sur les obligations italiennes sur une maturité de 2, 3 et 4 ans.
La dette espagnole est écartée pour des raisons techniques. «Il y a un moindre rendement à escompter de la dette espagnole. De surcroit, la dette espagnole est moins liquide» précise Alexandre Hezez, responsable de la gestion.
Les obligations allemandes, britanniques et françaises sont également évincées. «Le rapport rentabilité sur risque n’est pas suffisamment intéressant» estime Mr Hezez.

Pour ce qui est des obligations bancaires, la société de gestion est pour le moment uniquement investie sur la dette senior et la dette intermédiaire (LT2, dette subordonnée uniquement sur le capital à l’échéance).
«Le risque systémique des banques était avant tout lié à un risque de liquidité. Dès lors que ce risque de liquidité est maitrisé, le risque systémique a disparu. Dès lors nous ne nous attendons pas à une faillite d’une grande banque européenne» assure Philippe Delienne.

Pour envisager de revenir davantage sur la dette subordonnée, les experts attendent de voir comment va se dénouer le dossier grec. Quand bien même un retour sur ce segment de dette est effectué, il sera très prudent. «Le problème est que généralement lorsque les banques ne versent pas de dividendes, il y a de fortes chances que le coupon des dettes subordonnées ne soit pas payé» explique Mr Delienne.

Convictions AM a également décidé de s’orienter vers les obligations d’entreprises européennes. Le portefeuille contient 15% d’obligations investment grade (obligations bien notées) et 5% d’obligations high yield (obligations moins bien notées, présentant un risque plus important).

Les actions ne représentent finalement « que » 20% du portefeuille. En termes d’allocation géographique, les gérants jouent l’Europe et les Etats-Unis de manière alternative en fonction des opportunités. Les positions sur les actions émergentes ont été coupées.
«Sur les 20% d’exposition aux actions, nous sommes à 15% en stock picking (sélection de valeurs). Le reste est investi sous forme d’indice».

En termes de thématique, l’immobilier américain est à l’honneur : les constructeurs de maisons, d’immeubles et les équipementiers. «Nous croyons beaucoup à la reprise de l’immobilier américain» conclut Philippe Delienne.