L’alliance avait été annoncée le 9 février. Les actuels actionnaires de Deutsche Börse devaient obtenir 59 à 60% du capital du nouvel opérateur boursier fusionné et ceux de Nyse Euronext 40 à 41%.
Le rapprochement était mis en avant comme devant avoir des répercussions positives en termes de régulation et d'intégration des marchés.
400 millions de dollars d'économies annuelles étaient escomptés.

Pour la Commission européenne les inconvénients attachés à l’opération l’emportaient cependant de loin sur les avantages.

Deux activités en particulier ont semble-t-il posé problème, celle sur les dérivés et celle du règlement-livraison. La fusion Nyse Euronext/ Deutsche Borse aurait eu des positions de quasi-monopole dans ces deux activités.
Ensemble, Deutsche Börse et Nyse Euronext concentrent en Europe plus de 90% des échanges de produits dérivés sur les marchés réglementés.

«De nouveaux concurrents auraient peu de chances de parvenir à s'imposer suffisamment sur le marché pour constituer une menace concurrentielle crédible pour l'entité issue de la concentration. Quant aux concessions proposées aux engagements pris [vente de certains actifs et ouverture de l'accès à leur chambre de compensation pour certains nouveaux contrats], ils ne suffisaient pas pour résoudre les problèmes de concurrence constatés » signale le commissaire à la concurrence, Joaquin Almunia dans un communiqué.

Pour satisfaire aux exigences de Bruxelles, les deux groupes auraient du vendre soit la filiale de dérivés de Deutsche Börse, Eurex, soit celle de NYSE Euronext, Liffe – ce qu'ils ont catégoriquement refusé.

Les deux Bourses critiquent bien entendu le verdict rendu et reprochent à la Commission de ne pas avoir pris en compte la multiplication des plateformes alternatives et l'explosion des produits dérivés.

Un appel de la décision peut être interjeté devant la Cour de justice de l'Union à Luxembourg, mais la procédure prendrait sans doute entre un et deux ans – un délai susceptible de remettre en question la logique économique du projet.

Cet échec est que le quatrième échec d’une fusion internationale de Bourses en un an. Le département de la Justice américain a rejeté une offre du Nasdaq et d'IntercontinentalExchange sur NYSE Euronext. Le rachat envisagé du Canadien TMX Group par le London Stock Exchange a été abandonné face à l'opposition d'actionnaires de TMX. Le gouvernement australien a, de son côté, empêché le rachat de l'opérateur de la Bourse de Sydney, ASX, par Singapore Exchange.

Reste à présent le projet de fusion entre Tokyo et d'Osaka pour 2013.