Les traders de produits dérivés d’un certain nombre d’institutions financières auraient coordonné leurs comportements pour influencer l’orientation du taux offert sur le marché interbancaire de Londres (libor) et du taux offert sur le marché interbancaire de Tokyo.

Ces taux découlent des taux que les banques disent pratiquer les unes envers les autres et sont utilisés comme un benchmark pour fixer les taux de plusieurs centaines de trillions de dollars de produits dérivés et autres produits financiers.
Pour le taux libor, l’estimation de 350 trillions de dollars de titres est avancé.
Un petit changement dans le taux peut avoir des répercussions importantes dans le montant des intérêts à payer sur ces titres.

Les établissements faisant l’objet d’une enquête sont les banques Mitsubishi, Citigroup, Credit Suisse, Deutsche Bank, HSBC, JP Morgan Chase, Mizuho Financial Group, Rabobank, Royal Bank of Scotland, Societe Generale, Sumitomo Mitsui Banking Corporation et UBS.

Les autorités de régulation américaine et britannique sont également en train d’investiguer pour déterminer si les banques ont agi sur le libor pour réduire les coûts d’emprunt sur le marché interbancaire et minimiser la panique des investisseurs pendant la crise bancaire.

L’année dernière des gérants européens avaient intenté un procès à l’encontre d’une douzaine de banques européennes et japonaises incluant Deutsche Bank, UBS et Credit Suisse les accusant de s’être entendues pour manipuler le libor.

Au mois de juillet, la banque UBS a indiqué avoir demandé à certaines autorités leur indulgence ou immunité en échange d’une coopération dans leur investigation sur la manipulation du libor.

Certaines banques ont signalé avoir subi des pressions politiques pour garder une mainmise sur le libor pendant la crise bancaire de 2008. La crainte était notamment liée au fait qu’une flambée du taux libor pouvait conduire in fine à une explosion des taux de défaut des établissements financiers.