Le caractère risqué d’un actif ne se mesure pas par son béta (terme boursier englobant la volatilité et souvent utilisé pour mesurer le risque) mais plutôt par la probabilité raisonné que l’actif subira des pertes à la fin de sa période de détention, tel est l'un des messages clé véhiculé dans la lettre de M Buffett.

«Le prix des actifs peut beaucoup fluctuer, pour autant les actifs ne seront pas risqués aussi longtemps qu’ils seront en mesure de délivrer, avec une certitude raisonnable, une performance à la fin de la période de détention».

Un paramètre crucial à considérer pour apprécier la rentabilité d’un investissement à moyen-long terme résidera alors dans l’inflation (un autre paramètre sera lié à la fiscalité). L’actif sera-t-il ou pas en mesure de supporter une augmentation massive de l’inflation ?

Selon Warren Buffet les investissements en devises (incluant les obligations, les fonds monétaires, les dépôts bancaires) bien que largement considérés comme «sûrs» en raison de leur revenus stables et de leur faible volatilité sont en réalité dangereux pour les investisseurs dans la mesure où les faibles rendements qu’ils procurent ne suivront probablement pas du fait de l’inflation grandissante.

«Dans le contexte actuel, je n’aime pas les investissements basés en devises» commente le Warren Buffett, précisant cependant que Berkshire, la société d’investissement dont il a la tête, détient des montants significatifs dans ce type d’investissement, en particulier de court terme.

«L’impératif d’avoir une liquidité abondante occupe une place centrale au sein de Berkshire. Pour répondre à cet impératif, nous détenons énormément de billets du Trésor américain, le seul investissement qui peut être considéré comme liquide dans les conditions économiques chaotiques que nous rencontrons actuellement. Notre poche de liquidité est de l’ordre de 20 milliards de dollars, elle peut descendre jusqu’à 10 milliards de dollars».

Le coût de détention de ces actifs basés en devises peut s’avérer élevé (les obligations peuvent subir des pertes du fait de l’inflation) mais ils jouent un rôle très important, notamment de liquidité et de stabilité à court terme estime alors le philanthrope. «Il y a quelque chose de pire que de surpayer pour des actifs « sûrs » dont les rendements pourraient être grignotés par l’inflation, c’est devoir liquider des actifs volatils à un prix très déprécié dans un marché baissier parce qu’il y a un impérieux besoin de cash pour des dépenses immédiates» souligne Warren Buffett.

Pour Warren Buffet, la volatilité et le risque sont deux choses différentes mais peuvent se croiser lorsque l’horizon de temps est court.

Du coté des actions, pour les investisseurs inquiets par l’inflation, Warren Buffett recommande de se concentrer sur les sociétés qui ne requièrent pas un réinvestissement en capital et peuvent maintenir un certain pricing power. En particulier, IBM, Coca-Cola, ou See's Candy sont des sociétés qui entrent dans cette catégorie de sociétés.

Warren Buffett préconise enfin d'investir dans les actifs dits productifs, autrement dit les commerces, les fermes, les biens immobiliers. «Idéalement ces actifs auront la capacité en période inflationniste de délivrer des rendements qui conserveront leur valeur mesurée en pouvoir d'achat tout en requérant un minimum de nouvel investissement en capital».

L'or est en revanche un actif que M Buffett déconseille fortement. L'actif est un actif non productif et la frénésie qui entoure actuellement le métal jaune peut s'apparenter à ce qui a été observé lors de la bulle qui s'est formée par le passé sur les tulipes, sur les actions internet ou encore dans l'immobilier.