«Le financement des entreprises est confronté à toute une série de défis» constate Gérard Mestrallet. En premier lieu, une réduction du concours bancaire consécutif à la nouvelle réglementation est à prévoir. «Les encours à l’économie des banques françaises continuent pour le moment de progresser alors que l’on a vu une plongée vertigineuse en Espagne. Il y a cependant un risque important sur l’avenir» indique M Mestrallet.

Par ailleurs, les sources de fonds propres existantes aujourd’hui d’origine française pour financer les entreprises se sont considérablement contractées. «Les banques et les compagnies d’assurances sont contraintes à réduire la voilure en raison de Bâle III et Solvency II. Les épargnants individuels n’ont pas massivement déserté la bourse mais n’ont pas apporté de fonds propres nouveaux au financement de l’économie. Les investisseurs institutionnels ne peuvent pas compenser. Les fonds de pension sont insuffisants en France» commente le président de Paris Europlace.

Dans ces conditions, la question majeure qui se pose est la suivante : « comment réussir à financer convenablement les entreprises françaises à l’avenir».

La réponse réside pour Gérard Mestrallet dans la favorisation de l’épargne longue au détriment de l’épargne courte et de l’épargne risquée au détriment de celle qui ne l’est pas.
Une manière d’y arriver serait alors de faire bénéficier l’épargne à la fois risquée et à la fois longue, en particulier, à l’épargne investie en actions, d'une "clause de l’épargne la plus favorisée fiscalement et réglementairement".

«Nous ne demandons pas d’incitations fiscales supplémentaires dans une période qui ne s’y prête pas. Cependant nous demandons que lorsque des réformes seront adoptées ou mises en place, l’épargne investie en actions bénéficie de cette clause pour accompagner les besoins de financement des entreprises et de l’économie. Le sujet est essentiel dans le cadre du débat présidentiel qui s’est ouvert» explique alors Arnaud de Bresson.
Le directeur général de Paris Europlace reconnait alors que cette proposition s’inscrit à contre courant de ce qui a été entrepris jusque là. «Nous observons un alourdissement de la fiscalité sur les actions depuis dix ans de 30 à 40%». Cependant, M Bresson demande à ce qu’un certain bon sens soit retrouvé pour le bon fonctionnement de l’économie française.

Cette proposition aura par ailleurs l’avantage de développer l’investissement socialement responsable estime Pierre Bollon, directeur général de l’Association française de la gestion financière qui a apporté sa contribution à l’élaboration du livre blanc. «Il y a un lien entre l’ISR et l’épargne longue. C’est dans l’épargne salariale et l’épargne retraite qu’il y a le plus de fonds ISR. Faire de l’ISR dans le placement court n’est pas quelque chose de cohérent».

Actuellement le taux d’épargne des ménage s’élève à 15,5%. Le taux d’épargne financière avoisine quant à lui les 7%.