A quelques semaines des élections présidentielles en France, Paris Europlace qui rassemble la diversité des acteurs de la Place financière de Paris (grandes entreprises cotée, PME, investisseurs, banques, avocats, experts comptables...) a présenté ce mardi matin le «Livre blanc de la place financière de Paris : 2012-2015». Ce rapport propose cinq axes d'actions prioritaires et vingt mesures concrètes. Une des ces mesures concerne le maintien du modèle de "banque universelle" pour les banques françaises.

«Nous persistons et signons sur le fait que le modèle de "banque universelle" doit être maintenu en France» souligne Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace. «Ce modèle est ce qui a permis une meilleure résistance de la place financière durant la crise. Il donne la capacité aux banques françaises d’avoir une relation globale et de long terme avec leurs clients».

«S'il faut certes tirer les leçons de la crise, le débat sur le modèle en lui-même n’en est pas une. C’est un débat politique» commente Vivien Levy-Garboua, conseiller du président de BNP Paribas et président du comité de pilotage de Paris Europlace.

«La crise n’est pas née de l’imbrication des activités de banque d’affaire et de banque de dépôt. Lehman Brothers était une pure banque d’affaire» conforte Gérard Mestrallet, président de GDF SUEZ et président de l'organisme professionnel Paris Europlace.

«Les débats qui ont mené à l'élaboration des rapports Vickers ou Volcker,  portent sur des éléments spécifiques qui n’ont pas un lien exclusif avec la crise» explique M Levy-Garboua.
Au Royaume-Uni le problème est largement tiré de l’affaire Northern Rock. La réglementation prévoit alors non seulement l’isolement de la banque de détail mais aussi une surcharge de cette branche d'activité en obligations de capital au delà de ce qui est prévu par Bâle III. «C’est surtout ce dernier point qui est critiqué par les banques britanniques» remarqueM Levy-Garboua.
Aux Etats-Unis, l’objectif affiché est surtout de distinguer l’activité pour compte propre qui n’est pas liée directement aux clients pour éviter ou atténuer la spéculation.

Pour les dirigeants de Paris Europlace, si des enseignements doivent découler de la crise pour le secteur bancaire, alors ces enseignements doivent être les suivants. Tout d’abord, il est crucial de développer les instruments d’analyse et de gestion des risques. «Les banques françaises ont une longueur d’avance dans ce domaine» assure Arnaud de Bresson.

Par ailleurs, il y a lieu d’accompagner les développements des activités de financements alternatifs (shadow banking) par une régulation adaptée. «Le désendettement des banques se fait en partie par une titrisation. La rediffusion des risques doit cette fois-ci être contrôlée» conclut Gérard Mestrallet.