Fin février, un rapport est publié sur le financement des PME par le marché. Celui-ci constate la faiblesse du financement de ces entreprises pour des raisons structurelles, du fait de la crise économique et financière qui a sévi mais aussi de certaines pratiques de l'opérateur boursier NYSE Euronext.

Ce dernier a notamment été accusé d’avoir mis à disposition des PME de faibles moyens et d’avoir adopté des mesures tarifaires qui "ont donné un mauvais signal".

Pour augmenter significativement le recours des PME au financement par les marchés, les rapporteurs, Thierry Giami et Gérard Rameix, ont proposé deux options. La première repose sur la création d'une Bourse des PME avec des moyens dédiés et une politique active.
En cas de refus de NYSE Euronext, la deuxième solution consisterait à ouvrir le marché français à la concurrence. Le London Stock Exchange (LSE) a déjà fait état de sa volonté de pénétrer le marché français.

A l'occasion de la présentation du «Livre blanc de la place financière de Paris : 2012-2015», Gérard Mestrallet, président de GDF SUEZ et président de l'organisme professionnel Paris Europlace a indiqué être tout à fait favorable à l’entrée d’un nouvel acteur sur le marché français au service des PME. «Tout ce qui peut contribuer à financer les PME notamment en fonds propres est bienvenu» avance Gérard Mestrallet.

Celui-ci ajoute, «notre philosophie n’est pas malthusienne. Si nous sommes très contents du partenariat que l’on a avec Nyse Euronext, pour autant, dans l’intérêt des entreprises, si d’autres opérateurs de bourse étrangers viennent à Paris pour offrir leurs services complémentaires et créer un peu de stimulation, nous ne sommes pas contre. Une condition à cela cependant : que les mêmes règles du jeu soient respectées. En cela nous sommes davantage favorables aux places de cotation réglementées plutôt qu’aux places libéralisées dont la création a été permise par la directive européenne « Marchés d’instruments financiers » et dans lesquelles des entreprises comme les notres ne savent plus trop ce qui se passe sur leur propre capital».

Pour M Mestrallet il ne s'agit pas d’être pour LSE ou contre Nyse Euronext. «Laisser entrer le London Stock Exchange sur le marché français ne signifie pas lâcher Nyse Euronext. Ce dernier ne doit pas bénéficier pour toujours d’un monopole».