Un trader français met à nouveau en émoi la communauté financière. Bruno Michel Iksil, trader à la banque JP Morgan Chase à Londres pourrait déstabiliser le marché des credit default swaps (CDS) avec une accumulation de positions vendeuses de 100 milliards de dollars, ont révélé le Wall Street Journal et Bloomberg ce week-end.

D’après le WSJ, M. Iksil a hérité d’un surnom peu flatteur, «la baleine de Londres», en raison de ses investissements massifs dans les CDS. Mais contrairement à d'autres traders mis en cause dans de précédentes affaires, il aurait agi avec l’appui et l’accord de sa banque.

JP Morgan est l’une des banques les plus exposées au monde sur les produits dérivés, avec plus de 70 000 milliards de dollars dans son portefeuille fin décembre 2011 pour "seulement" 1 800 milliards de fonds propres. M. Iksil aurait gagné 100 millions de dollars par an ces dernières années en travaillant pour le principal bureau d'investissement (Chief investment office, CIO) de la banque, croit savoir le Wall Street Journal.

Ces derniers mois, il s’est mis à vendre des CDS, pariant notamment sur la bonne santé financière des entreprises américaines. Mais les volumes concernés sont tellement importants que «récemment, en partie à cause de mouvements de marchés ayant pu résulter des opérations de M. Iksil, d'autres fonds spéculatifs et autres investisseurs ont fait des paris opposés» et misent donc sur une faillite des institutions concernées, indique le WSJ.

«Nous ne confirmons pas ces investissements. Beaucoup de détails dans l'article sont faux», a réagi un porte-parole de JPMorgan, Joseph Evangelisti. «Notre CIO fait des investissements de long terme dans le cadre d'une couverture macroéconomique pour notre bilan global», a-t-il ajouté.

Les informations sur le marché des CDS sont très difficiles à vérifier dans la mesure où ces produits dérivés sont négociés de gré à gré, en dehors d’un marché organisé.