Selon un responsable de l'une des quatre grandes banques grecques qui devraient être recapitalisées cette semaine, la BCE devrait de nouveau ouvrir son robinet de prêts aux banques grecques une fois l’opération de renflouement finalisée.

La BCE avait signalé la semaine dernière avoir arrêté le versement des liquidités à certaines banques grecques en raison de leur faible dotation en fonds propres.

S’en est suivie la décision d’apporter aux banques de la péninsule helléniques 18 milliards d’euros par le biais du Fonds européen de stabilité financière.

Il semblerait qu’une fois la recapitalisation effectuée par le FESF, une aide financière serait apportée par la BCE aux banques grecques dans le cadre de la facilité d’urgence inscrite dans ses statuts à l'article 24.

Le Financial Times révèle que cette aide qui s’élèverait à 100 milliards d’euros passerait par la Banque centrale grecque, avec l’approbation secrète de la Banque centrale d’Allemagne.

Un tel procédé avait été utilisé pour soutenir le secteur bancaire irlandais.
Il autorise les banques en difficultés à se refinancer sans devoir apporter les actifs en collatéral requis dans le cadre des opérations de prêts traditionnelles de la BCE .

Cette décision, si elle se concrétisait, confirmerait clairement la position de l'institution monétaire favorable à un maintien de la Grèce dans la zone euro.

Des banques grecques vulnérables

La vulnérabilité des banques grecques tient à plusieurs facteurs. En premier lieu, elle est liée à une hausse des crédits non performants, le pays connaissant depuis plusieurs années une forte récession et un taux de chômage en constante progression.
Un autre élément d’explication réside dans le considérable accroissement de l’exposition de ces banques aux titres de dette de l'Etat grec.
La restructuration de la dette de la Grèce aura d’ailleurs couté 24 milliards d’euros aux quatre plus grandes banques du pays.

Enfin les banques grecques subissent une véritable course de retrait des dépôts. Les ménages grecs ont retiré 800 millions de d’euros des banques nationales, ce qui représente environ un tiers de l’ensemble des dépôts.

Le plan d’aide défini entre la Grèce, l’Union européenne et le Fonds monétaire international incluait en principe 50 milliards d’euros pour les banques grecques.

En échange, ces banques étaient supposées augmenter d’environ 10% leurs fonds propres en procédant à des augmentations de capital ou courir le risque de subir une opération de nationalisation.

Dans ce contexte fortement dégradé, les augmentations n’ont pas pu être effectuées à défaut d’une demande soutenue de la part des investisseurs, et le gouvernement n’a pas été en mesure de réaliser les nationalisations nécessaires des structures défaillantes.

In fine, la BCE reste ainsi la soupape de sécurité. Les banques grecques ont accumulé, jusqu'ici, plus de 106 milliards d’euros de dette dans le cadre du mécanisme de paiement de la Banque centrale.