«Plus tôt la situation sera clarifiée, meilleur ce sera pour l’Union européenne» a déclaré Mario Draghi ce jeudi lors d’une audition devant le comité des affaires monétaires et financières du Parlement européen.  Ce dernier, parlait notamment en sa qualité de président du Comité européen du risque systémique, mis en place pour surveiller la stabilité du système financier européen et conseiller les responsables politiques des pays membres de l’Union européenne.

Parmi les premières mesures phares à adopter pour unifier la zone euro, Mario Draghi évoque celle de création d’une union bancaire intégrée avec l’instauration d’un fonds européen pour venir en aide aux banques défaillantes, un mécanisme européen de garantie des dépôts, et une supervision européenne plus poussée.

Pour M Draghi, le plan d’aide de la banque Bankia en Espagne (de 19 milliards d'euros), et avant le plan d’aide de Dexia en Belgique (de 6,4 milliards d'euros) a montré que les régulateurs nationaux avaient tendance à être réticents à reconnaître l’étendue des problèmes auxquels ils avaient à faire face.
Cette sous estimation a alors pour conséquence une augmentation du coût de l’aide à apporter et une mise à mal la confiance et la transparence.

«A chaque fois que l’on a été confronté à un besoin dramatique de recapitalisation, si nous regardons en arrière, la réaction des superviseurs nationaux a été de sous estimer le problème. Puis à une première évaluation des besoins de recapitalisation, ont été ajoutés, une deuxième évaluation, puis une troisième et une quatrième…».

Pour M Draghi, le Mécanisme européen de stabilité financière pourrait être utilisé pour recapitaliser directement les banques. Un mémorandum d’accord sera alors requis dans la mesure où en l'état actuel des choses, les statuts du MES l'autorisent seulement à prêter aux gouvernements.
Face à l’insistance de certains pays comme l’Allemagne ou la Finlande à vouloir être systématiquement consultés avant que le Mécanisme ne puisse être utilisé, M Draghi affirme que cela ne sera pas sans risque «bien que doté d’un important capital, le MES pourrait ne jamais fonctionner».

M Draghi, considère que la BCE a pris de nombreuses initiatives en un temps très court pour traiter la crise de la zone euro, et qu’à présent la balle se situe dans le camp des gouvernements. En cela, Mari Draghi assure que la BCE ne peut pas compenser l’absence d’une discipline budgétaire ou encore d’une volonté politique pour mener les réformes structurelles nécessaires. «Il n’est pas de notre devoir, et il n’est pas prévu dans notre mandat de remplir le vide laissé par un manque d’action de la part des gouvernements nationaux sur le front budgétaire et sur le front des réformes structurelles, de même que sur le front de la gouvernance».

Vis-à-vis des banques européennes, le président de l’institution monétaire a réitéré l'engagement de continuer à prêter aux banques solvables dans la mesure du nécessaire et de maintenir ses lignes de liquidités ouvertes.
C'est ainsi que les quatre banques grecques qui avaient momentanément vu leur accès refusé à la BCE ont retrouvé cet accès après avoir été recapitalisées.

Pour l’heure, la BCE n’a pas l’intention de lancer une troisième vague d’opération de refinancement à long terme pour les banques européennes. «La situation actuelle, moins critique que celle qui a prévalu en novembre 2011, ne l'exige pas.
Une troisième opération de ce type, serait en mesure de réduire davantage le risque de liquidité des banques européennes, mais elle ne saurait pas résoudre le problème de l’aversion pour le risque, ni celui du manque de fonds propres
».