« Il y a lieu de saluer la décision prise par les dirigeants européens à l’issue du dernier sommet du Conseil des 28 et 29 juin d’élargir le champ d’action et de donner plus de flexibilité au fonctionnement du Mécanisme européen de stabilité. Il est également bienvenu d’observer que des conditions ont été posées de manière à crédibiliser l’action du MES » observe Mario Draghi.

Ceci étant, pour le responsable de la BCE, la puissance d’intervention actuelle du MES, à laquelle il faut ajouter celle du Fonds européen de stabilité financière est suffisante pour venir en aide aux Etats et aux banques en difficultés. «Nous savons ce que nous avons. Je pense que le MES et le FESF sont appropriés par rapport aux risques, et aux évènements que nous pourrions envisager ».

Ce dernier ajoute, «le mandat de la BCE réside dans le maintien de la stabilité des prix et dans l’ancrage des anticipations inflationnistes. Il n’est pas avantageux de détruire la fiabilité d’une institution en l’invitant à dépasser son mandat».

Pour certains experts, pourtant, l'adossement du MES à la BCE est un élément indispensable pour véritablement restaurer une confiance durable auprès des investisseurs, et des agents économiques.
Telle est, par exemple, la position défendue par Michel Aglietta, conseiller au CEPII et membre du Conseil d'Analyse Economique auprès du Premier ministre. «Cet adossement est indispensable en ce qu’il permettra au MES d’être doté de moyens illimités. Le fonds sera en position de racheter tous titres de dette qui se situeraient au dessus d’un certain niveau de taux. Le risque en posant des limites à la capacité de puissance de ce fonds est que le marché finisse par tester cette limite».

Lire l'interview de Michel Aglietta pour plus de précisions.